Intégralité de la contribution intitulée "Mieux utiliser l'argent public"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Fiscalité et dépenses publiques le 17 mars 2019 à Nantes .

Quelles sont toutes les choses qui pourraient être faites pour améliorer l'information des citoyens sur l'utilisation des impôts ?
Site internet facile à trouver et d'utilisation aisée / Rappels réguliers dans les magazines publics locaux (commune, département, région) distribués dans les boîtes à lettres ou accessibles dans les lieux publics / Radios locales

Que faudrait-il faire pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ?
Prendre en compte toutes les rentrées d'argent : salaires, revenus fonciers et financiers ... et aussi allocations regroupées en une seule, individualisée selon les allocataires : c'est injuste qu'une personne qui travaille ne gagne pas plus (et ce de façon significative) qu'une personne qui ne vit que d'allocations, d'autant qu'il lui faut payer la garde des enfants, les transports pour aller travailler, acheter souvent plus cher des plats préparés faute de temps pour les faire elle-même... Et en plus, elle paie des impôts sur ce salaire alors que les allocations sont acquises sans déductions. Cela peut conduire certaines personnes à ne pas chercher à reprendre une activité professionnelle. Noter que Pôle Emploi conseille parfois cette solution ! Même si cette situation n'est pas majoritaire, elle est fréquente, en particulier dans certaines cités, et c'est faire preuve d'angélisme que de le nier. Un mot concernant les assurances vie et autres sources de revenus non salariales : on estime que ce sont des revenus du capital, donc injustes, pris sur le dos des travailleurs. Il faut savoir que, pour la retraite des salariés, les cotisations viennent des salariés et des employeurs. Pour les artisans et autres indépendants, il n'y a pas de cotisations d'employeurs, et le placement sur une assurance-vie est réalisé en vue de financer la retraite ; arrivés à ce moment, ils retirent progressivement ces sommes qu'ils ont eux-mêmes mises de côté toute leur vie ; c'est injuste d'accumuler des taxes lors du placement, en cas d'intérêts, puis lors de la sortie.

Quels sont selon vous les impôts qu'il faut baisser en priorité ?
Arrêter de laminer les classes et moyennes moyennes-supérieures, ainsi que les retraités. Les classes moyennes sont souvent insultées, considérées comme nanties et profitant d'une situation de richesse grâce à leur travail, alors qu'elles ont de plus en plus de mal à vivre au quotidien, et prévoient que leurs enfants vivront encore plus mal.

Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous...
Reculer l'âge de la retraite

Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous… [Autres]
Le problème est plus dans l'utilisation de l'argent public que dans de multiples augmentations des taxes de tous ordres.

S'il faut selon vous revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales, lesquelles doivent être concernées ?
Un meilleur suivi des aides sociales doit être réalisé. Les progrès de l'informatique permettent de regrouper les informations : qui reçoit quoi, combien, dans quels départements... et ainsi obtenir pour chaque allocataire la somme totale réellement reçue ; revoir en fonction de l'évolution, en contrôlant ce qui a des chances de souvent changer, en arrêtant de demander des justifications répétées inutiles (handicap connu et stable par exemple), en supprimant les doublons. L'argent est très mal utilisé dans certaines situations : ainsi les sommes publiques déboursées pour les enfants de l'ASE sont très importantes pour un résultat très décevant ; ces enfants, puis adolescents, puis jeunes adultes ont le droit de bénéficier d'un comportement de parent responsable de la part de l'État, et pourtant ils sont trimballés d'un foyer à un centre par des organismes qui n'écoutent pas assez les personnes qui s'en occupent quotidiennement ; ils sont confrontés à une violence inacceptable et se retrouvent dans la rue à 18 ans, voire avant. L'instauration de commissions beaucoup plus proches de leurs réalités ne couterait pas plus d'argent, mais permettrait de l'utiliser de façon beaucoup plus humaine et efficace. Les personnes qui ont vraiment besoin d'allocations, justifiées, doivent déposer des dossiers qui transitent dans de multiples bureaux et commissions : perte de temps, dilution des responsabilités, mille-feuille administratif à payer, impression d'énorme gâchis humain et financier depuis des décennies, inefficacité... Du personnel est payé à faire des dossiers qui s'entassent et ne sont jamais lus.

Quels sont les domaines prioritaires où notre protection sociale doit être renforcée ?
Indexer toutes les retraites sur l'inflation. Continuer à aider les mères (seules ou pas) à travailler, par des aides pour la garde des jeunes enfants. Plusieurs pays ont ""mis le paquet"" sur l'éducation et se sont ainsi relevés, ce qui ne peut se faire que sur la durée, mais est essentiel pour l'avenir ; le niveau des petits français est inquiétant dans plusieurs domaines. Les agriculteurs ont besoin d'être aidés jusqu'à ce que des changements de la politique agricole permette que leur travail soit enfin payé au juste prix. Les enfants de l'ASE doivent bénéficier d'une refonte complète de leur accompagnement.

Pour quelle(s) politique(s) publique(s) ou pour quels domaines d'action publique, seriez-vous prêts à payer plus d'impôts ?
La recherche : fondamentale et appliquée / à moyen et à long terme / secteurs de la technique, de la santé, des énergies peu polluantes, de la biologie, de l'éducation, des mathématiques, des sciences en général, ...). La France a été un pays innovant, créatif, et doit le rester au niveau mondial. En particulier, la recherche fondamentale doit être renforcée ; elle n'est pas spectaculaire, ne fait pas la Une des journaux, aboutit souvent à des impasses, mais c'est elle qui peut conduire à des idées extraordinaires, capables de faire évoluer le monde de façon très bénéfique. La qualité et l'intégrité de la recherche sont des facteurs déterminants pour ce que sera la France dans le monde économique et politique dans 20-30 ans ; ce serait injuste pour les générations futures de passer à côté. Il est dommage que les chercheurs, déjà souvent très mal payés, doivent passer une grande partie de leur temps à chercher des subventions plutôt qu'à réfléchir, échanger, travailler ; ici aussi, le gâchis en temps et argent est trop présent.

Y a-t-il d'autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Ce n'est pas dans un domaine particulier qu'il faut faire des économies : c'est partout en utilisant mieux l'argent public, et non en ajoutant encore des taxes, comme cela est réalisé gouvernement après gouvernement. La pesanteur, les redondances administratives coûtent cher, et ce dans tous les domaines, tous les ministères. On voit régulièrement sortir dans la presse les gâchis de l'argent public, avec des travaux routiers qui n'aboutissent nulle part, des querelles entre départements entraînant des constructions inappropriées mais ""chez soi"" (hôpital tout seul à côté de l'autoroute), des édifices publics disproportionnés, des créations ou maintiens de poste inutiles... La Cour des Comptes se fait aussi l'écho d'aberrations financières. Et les malversations sont fréquentes, certains hommes politiques y trouvent des intérêts directs ou un moyen de se faire réélire. Les français, qui assistent à ces gâchis et voient l'argent public (donc sortant de leurs poches) s'envoler pour rien, ne peuvent pas adhérer à l'impôt. Il est nécessaire d'unifier les régimes de retraite : même âge (probablement un peu reculé, comme dans la plupart des pays qui ont suivi l'augmentation de durée de la vie), même durée de cotisation (pas 25 ans contre 6 derniers mois), disparition des régimes spéciaux. On entend beaucoup parler des avantages des ministres, députés, sénateurs... En effet, certains avantages définitifs sont choquants (ex : cumul de retraites pour des activités de faible durée, frais d'obsèques élevés pris en charge par la collectivité) sont choquants, et à revoir. Mais le statut des hommes publics est ambigu : fonction ou métier ? On demande de plus en plus une disponibilité totale pendant un temps donné, de durée indéterminée avec risque d'arpent brusque, et ensuite le retour professionnel n'est pas possible pour tous. Si c'est un métier, il faut un statut clair, avec droit à formation, protection sociale, possibilité de reconversion, salaire transparent, sans toutes les sources d'opacité rendant ces hommes publics ""suspects"" au yeux de la population ; le travail fourni doit également être compréhensible facilement par la population ""qui les paie"". Leur nombre, et donc les sommes engagées pour les rémunérer, doit être calculé en fonction du travail à fournir, et non par des calculs le pourcentage de partis politiques.


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