Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La planête, les écologies et la volonté politique : Il nous faut changer nos modes de vie actuels vers un comportement respectueux de la planète, et capable d’entretenir le milieu nécessaire à la survie de l’espèce humaine. Ce n’est pas le même problème en fait, ce sont même des questions dont les solutions sont plutôt en conflit ; car entretenir le milieu qui est la source de survie ne pose d’habitude aucun problème à aucune espèce, tant que ces dernières sont des éléments interagissant avec d’autres dans un écosystème viable. Quand est-ce que la question de la destruction du milieu se pose ? Encore une fois, c’est à Darwin, correctement lu, qu’il faut demander la réponse : quand une espèce n’a pas ou plus de prédateurs naturels, si bien qu’elle se développe tellement qu’elle épuise toutes les ressources naturelles nécessaires à sa subsistance. Le nombre de ses membres se met alors à décroître à cause de l’affaiblissement du à la rareté de la nourriture, et l’équilibre écologique se rétablit peu à peu ou l'espèce disparaît purement et simplement. L’espèce humaine n’a pas vraiment de prédateurs, sauf elle-même disent les plus cyniques, et quelques virus ou bactéries qui n’arrivent jamais à s’imposer suffisamment longtemps pour faire décroître notre nombre. Il serait facile d’écrire que c’est à nous-même de maîtriser notre nombre, sauf que lorsqu’on se résigne à penser une telle nécessité, le spectre de l’eugénisme et de sa monstruosité n’est jamais très loin. La seule opinion acceptable pour moi est de laisser aux femmes le droit de disposer de leur corps et de choisir le nombre de leurs enfants. Je n’arrive pas à penser autrement. Pourtant il est vrai que le fait de produire de la nourriture pour tous est une agression perpétuée contre la planète : déforestation, destruction des écosystèmes par les milliers d’hectares de monoculture, appauvrissement des réserves en eau à cause de l’élevage intensif, etc. Je sais que les scientifiques recherchent en ce moment les moyens de produire des protéines pour nourrir les humains à un moindre coût écologique, notamment en travaillant sur les insectes. Mais comme toujours, ils ne prennent en compte qu'un seul élément naturel, et ne réfléchissent pas aux conséquences de son extension sur l'équilibre très fin des écosystèmes. Au final, on peut se retrouver avec un dérèglement écologique de plus. Il faudrait peut être avoir le courage de se demander si on ne pourrait pas revenir à l’idée de nourriture de synthèse, artificiellement et chimiquement produite, compatible avec la santé de l’être humain, et représentant le moins de dégâts possible pour la planète. Je n’écris pas cela par plaisir de contredire l’« écologiquement correct » qui s’impose comme vérité aujourd’hui. J’écris à partir d’un constat : la nourriture artificielle est omniprésente dans notre quotidien, soutenue par des campagnes publicitaires si violentes qu’elles sont des lavages de cerveau (répétition des mêmes messages tous les 1/4 d’heures à longueur de journées), sauf qu’elle est produite uniquement pour faire du profit, en utilisant l’addiction du cerveau au sucre et au plaisir, si bien qu’elle est devenue une catastrophe pour la santé au niveau mondial. Bien, mais le constat étant fait, je voudrai demander aux politiques d’intervenir pour que des programmes de recherches sur des nourritures à la fois artificielles et saines soient lancés, afin que si on trouve des résultats positifs, on puisse utiliser le « savoir-produire -industriel », si nocif maintenant, pour entretenir la santé dans le futur. Si les résultats sont négatifs, on laisse tomber, mais on n’a jamais essayé en fait. Or, nous ne savons pas créer une agriculture qui puisse nourrir les 7 milliards d'humain sans détruire l'équilibre biologique de la planète. Mais nous savons, quand nous le voulons, construire des usines non-polluantes : les nourritures de synthèse industrielles pourraient donc être moins nocives pour la planète que de la mono-culture même bio. Reste le problème du respect de la planète en lui-même. Là, je suis plus que réticente. Si on me demande de me définir moi-même, je dirai que je suis une écologiste. Sauf que je pense ce terme en fonction de la science et du progrès : les seuls à pouvoir légitimement exercer un pouvoir écologique sont les scientifiques spécialistes des écosystèmes, de la planète dans sa globalité et dans sa complexité. Je trouve que trop souvent écologisme rime avec passéisme et obscurantisme. Les comportements de personnes qui choisissent de vivre une sorte de retour à un mode de vie plus « naturel », autrement dit à une vie culturelle plus vieille de quelques siècles, sont issus de choix personnels libres et respectables, mais ne relèvent ni de l’écologie ni d’une réelle protection de la planète. Il n’y a aucune raison de les présenter comme un modèle : vivre comme un paysan du 17ème ou du 19ème, c'est vivre comme un activiste du déforestage, qui a, certes, créé nos paysages actuels, mais au détriment de la forêt qui régnait en maître en Europe. Ceci pour dire que le retour à une vie plus naturelle est une illusion, encore une fois, un choix personnel respectable, mais pas vraiment une réelle conscience planétaire. Le comportement de certaines autres écologistes quant à la « pureté » de la nourriture, qui ne devrait être contaminées par aucune substance artificielle, est encore plus inquiétant. Il relève même du soin psychologique lorsqu’il atteint l’obsession, et ne me semble pas très réaliste de toute façon. Ou un autre exemple : la réintroduction du loup ou de l'ours pour essayer de restaurer les écosystèmes européens en ramenant les seuls prédateurs qui pourraient limiter la multiplication excessive des sangliers et autres chevreuils. Cet objectif écologique donne lieu à une guerre ouverte entre ses partisans et les éleveurs. La solution serait de réintroduire les bergers, présents en permanence avec leur troupeau. Mais les éleveurs n'en ont pas les moyens ; ni l'argent pour embaucher, ni celui pour payer les charges, ni suffisamment de temps pour tout faire eux-mêmes. Or, si au lieu de se faire face avec pancartes d'un côté et fusils de l'autre, les écolo et les éleveurs s'associaient, cela pourrait permettre d'ouvrir une porte : les écolo pourraient passer leur temps libre (vacances ou autres) dans les alpages, avec les bêtes, les protégeant en se relayant, sans rémunération ni charges, librement à titre de ""touristes"", avec leurs propres assurances pour encadrer des situations à risque. Et les éleveurs pourraient continuer à travailler avec un statut économique. Cela ne sera sûrement pas le paradis sur terre, et ils pourront continuer à se regarder en chien de faïence, mais au moins ils essaieraient de sortir ensemble de l'impasse. Par contre, c'est pour cette raison que j'ai écrit dans d'autres contributions que l'on ne pouvait plus agir librement sans être étouffé pas des lois au profit de la seule existence de l'économie, parce que nous avons là un scénario qui suppose seulement l'action libre des individus, et que je parie que l'on va se trouver avec tout un tas d'interdiction sur le dos, comme le truc de ""la concurrence déloyale"" dans la mesure où l'éleveur pourrait garder ses bêtes en vie sans payer pour leur sécurité, mais ce genre d'interdiction agit toujours en sens unique, en défavorisant les français qui respectent à la fois la loi et leurs valeurs : il n'y a jamais personne pour interdire, par exemple, aux italiens de produire du ""bio"" en employant une main d'oeuvre même pas toujours en règle, souvent au noir, et toujours contraintes de vivre dans des conditions sous-humaines. Alors oui, là aussi je donne un exemple pour montrer que j'attends des politiques qu'ils libèrent les français des contraintes unilatérales et leur permette de retrouver un espace où ils puissent respirer et vivre. De même, certaines productions à grande échelle se disent écologiques, comme la production bio de légumes en monoculture, ou la production de carburant ou de plastiques bio à partir des céréales (qui suppose elle-aussi des hectares de monocultures détruisant les écosystèmes). Elles ont beau être naturelles, elles n’en restent pas moins sources de profonds déséquilibres, donc anti-écologiques. Si on voulait vraiment des productions qui respectent la planète, il faudrait poser le problème ainsi : un écosystème étant donné, comment l’utiliser pour produire x ou y (du plastique, du carburant, ce que vous voulez) sans détruire sa diversité, son équilibre et son existence même. Sans un partenariat entre scientifique des écosystèmes et ingénieurs industriels, je ne vois pas comment trouver la solution. Sans compter que « respecter la planète » elle-même, cela voudrait dire accepter le changement climatique sans essayer de protéger l’humanité. Peu m’importe que les humains soient responsables/coupables ou non du changement climatique. Il est là. Même dans ce questionnaire, on voit bien que pour régler le problème du littoral, il nous faudrait un interventionnisme assez agressif, dirigé par une sorte d’hybride de Vauban et de Ferdinand de Lesseps : des géants de l’architecture et des grands projets. Il semble que nous manquions d’hommes de cette pointure. Faut-il simplement attendre que la fonte des banquises noient toutes les basses terres ? Que le réchauffement transforme en désert ou en terres inondées trop de terres habitables ? A cause de cette situation, je trouve certains combats dérisoires jusqu’à me donner un sentiment d’absurdité totale et d’irréalité : à quoi servira sa liberté à la Grande Brexiteuse, alors que le réchauffement climatique devrait réduire son territoire à presque rien ? Et les juifs et les palestiniens, que feront-ils d’une terre sans eau ? Et ceux qui veulent interdire les « migrants » que feront-ils quand la migration généralisée sera une nécessité pour l’espèce dans sa quasi-totalité ? Parce que si le changement climatique détruit des habitats actuels, il y a des chances pour que d’autres, rendus inhabitables par le froid de l’ère glaciaire, soient de nouveau habitables, si bien que nous devrons tous bouger. De quoi auront l’air alors les Trompetteurs de la planète avec leurs murs, et les Poutineurs avec leur recherche archaïque du pouvoir sur des zones d’influences ? Est-ce que les dirigeants français ne pourraient pas au moins se faire les porte-paroles de la nécessité d’en finir avec ces non-sens ? Quand la France incarnait les lumières, cela signifiait qu'elle se faisait la porte parole de la science, de la technique éclairée par la vérité, rien ne l'empêche d'assumer encore ce rôle, sauf qu'il faudrait aussi qu'elle montre l'exemple, et que son peuple investisse son temps et son argent pour protéger la planète. Et ça, c'est pas gagné. De même, pour les pollutions, comme par exemple, le gaz à effet de serre, on joue au ping-pong de l’accusation : 90 multinationales suffisent à en produire 60 %. Le nombre de 90 est si faible, à l’échelle des grandeurs de la planète, qu’on se dit qu’il suffirait de leur ordonner d’arrêter. Mais en fait, cela représente combien d’hectares d’entreprises, combien de million de machines et d’humains au travail ? La balle passe dans le camps du mode de transport, et maintenant que le tout-camion s’est imposé, il se défend bec et ongle, et refuse de céder la place au train, ou à d’autres modes de déplacement moins polluant. On ne peut pas modifier leur comportement en claquant des doigts, on ne peut même leur imposer aucune autorité politique, puisque l’économie est le Dieu de notre planète. Reste les individus. Or, le mouvement des gilets jaunes montre que le pouvoir politique ne peut même plus imposer un mode de changement du comportement individuel de déplacement par simple décision autoritaire. Tout le monde veut survivre, personne ne veut changer. Si l’écologie cherchait à s’exercer à titre de pouvoir politique, il lui faudrait trouver des soldats, et s’imposer à tous les hommes comme une dictature ! Ce qui est un non-sens absolu. Mais comment faire pour accepter de changer tous en même temps ? Je ne vois pas comment penser une solution. Peur et sentiment d’impuissance aussi : tout ce qu’on peut être, c’est un lanceur d’alerte. Comme ceux qui autrefois criaient dans le désert. Cassandre de la pollution. Mais au moins que les représentants de mon peuple soient du côté de la vie, du côté de l’alerte, les promoteurs de nouvelles manières de vivre et de produire.
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