En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?
Les politiciens ne doivent pas être élus pour représenter les citoyens mais pour collecter leurs besoins et pour les accorder avec les expertises des scientifiques. Il y a maldonne. La compétence des politiciens, c'est l'accession aux postes de responsabilité et la gestion, pas l'émission d'idées. Les idées devraient émises par les personnes compétentes , c'est -à-dire les corps constitués des scientifiques comme le GIEC. Le fait que les politiciens ne suivent pas les conclusions des scientifiques va mener à des mobilisations citoyennes, à de la désobéissance civile et à des mouvements d'opposition au lieu de dynamiser les transitions sociétales indispensables et urgentes. Voir la journée de grève scolaire du 15 Mars 2019.
En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?
Oui
Si oui, à quel type d'associations ou d'organisations ? Et avec quel rôle ?
Les ONG préoccupées de la santé et de l'environnement. L'économie de la croissance doivent être positives et non négatives sur la santé et l'environnement. Les politiciens court-termistes ne tiennent pas compte des conséquences désastreuses des promotions commerciales qui tuent, voir le tabac, l'amiante, le sucre, les pesticides, les perturbateurs endocriniens.... Finalement c'est le contribuable qui paie des factures de souffrance et de charges financières insoutenables.
Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?
Que les élus cessent d'essayer d'avoir des idées et qu'ils écoutent les compétences, c'est-à-dire les scientifiques. Ensuite qu'ils mettent véritablement les informations et le débat à la disposition des citoyens qui expriment leurs préférences. Les élus sont payés pour être des administrateurs, faire une formation à l’Ecole Nationale des Administrateurs ne fait pas d’eux des penseurs et décideurs à la place pour les autres.
Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est :
Une bonne chose
Pourquoi ?
On n'a besoin de cumulards, juste de gestionnaires qui font bien leur travail. Pire, beaucoup de politiciens, en particulier les sénateurs et les membres du Conseil d'Etat est du Conseil Constitutionnel font de l'obstruction aux progrès incontournables : 20% de bio dans les cantines, interdiction de la chasse à la grue, interdiction de la libre circulation des semences, annulation de l’arrêt de production des pesticides interdits (Egalim), etc...
Que faudrait-il faire pour mieux représenter les différentes sensibilités politiques ?
Donner la parole à chaque niveau : au niveau du quartier les habitants doivent pouvoir participer aux choix qui les concerne : réverbères, végétalisation, zones piétonnes, par exemple (les initiatives de budget participatif pourraient aussi devenir la règle); idem au niveau des départements, des régions, de la nation. La vie politique s'est cancérisée dans le corps social. Elle a besoin d'être intégrée. On ne peut pas bien administrer un pays sans que ses citoyens soient partie prenante. C'est une culture qui commence à l'école. L'école doit être le premier lieu de parole, dans la classe comme dans la participation aux commissions menu et aux aménagements des locaux....Au-delà du formatage de programmes stéréotypés, une ""école-écologie"" pour un développement personnel, un gain de confiance en soi, un apprentissage de la collaboration sur projets.... L'école actuelle soumet ou désintègre les élèves, alors qu'elle devrait les mettre en valeur. Tout le monde peut trouver une valeur, même si ce l'est pas dans le programme français, maths, etc... La France peut donner sa chance à tout citoyen. Au lieu de cela on sélectionne, on exclut. Après on s'étonne du chômage, de l'incivilité, de la marginalisation de beaucoup trop de personnes, quand cela ne va pas jusqu'à les fuites dans les addictions... La politique commence là. Il y a des décennies de sélections compétitives, d'occupations territoriales, de défiance à amender.
Pensez-vous qu'il serait souhaitable de réduire le nombre d'élus (hors députés et sénateurs) ?
Oui
Si oui, lesquels ?
Justement les sénateurs qui paraissent bien peu utiles (et bourrés de privilèges qu'ils se sont auto-attribués).
Que pensez-vous de la participation des citoyens aux élections et comment les inciter à y participer davantage ?
Pour cela il faudrait que les programmes pour la France soient élaborés par les Français avec l'aide des scientifiques. Les politiciens devraient ne se présenter que pour mettre en oeuvre ces programmes pré-établis. Les citoyens seraient intéressés de voter pour que LEUR programme soit mis en oeuvre de la manière la plus judicieuse et efficace possible et seraient motivés pour participer à leur mise en oeuvre. Les Français seraient aux côtés de leurs élus. Pour le moment nous sommes dans une société ""occupée"" par des professionnels de la prise du pouvoir, qui manoeuvrent ""d'autorité"". Le fait d'être élu ne donne pas le droit de n'en faire qu'à son idée. Les Français veulent se réapproprier leur propre pays, leur destinée, qu’on respecte la beauté de leurs paysages, qu’on cesse de sacrifier leur santé et leur cadre de vie à des intérêts économiques incompatibles avec ces valeurs de base.
Faut-il prendre en compte le vote blanc ?
Oui
Si oui, de quelle manière ?
en les comptant, mais si un véritable partenariat s'instaure entre les Français et leur élus, il y aura de moins en moins de votes blancs, de moins en moins de non votants (dont je fais partie depuis 50 ans).
Que faudrait-il faire aujourd'hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?
Des citoyens malades, stressés, trop préoccupés par leur situation économique, n'ont pas le temps de s'informer et de participer de manière constructive à la vie politique. La base c'est l'éducation à la santé et à l'environnement qui nécessite plusieurs heures par semaine dans les programmes dès l'école primaire. La situation économique et politique de la France peut considérablement s'améliorer si l'on reprend les BASES : apprendre dès l'école comment se nourrir sainement, ne pas acheter n'importe quoi, injecter du mouvement dans sa vie quotidienne, mieux gérer les stress, optimiser son sommeil, assainir son environnement... Ensuite prendre le goût de s'informer. C'est chaque jour que nous avons besoin de nous informer. Pas juste à l'école. Des citoyens qui ne prennent pas le temps de s'informer ne sont pas en mesure de participer aux orientations du pays, de contribuer à son évolution. Plutôt que de gaver les enfants de connaissances très réductionnistes, l'école doit encourager à creuser toute question à volonté avec l'aide des multiples canaux aujourd'hui disponibles. La France a une image de pays cultivé, mais quand on regarde de plus près le niveau culturel d'un grand nombre de Français il y a de quoi tomber par terre. Une façon raccourcie de mesurer le déclin : un million de Français à l'enterrement de Victor Hugo en 1885, 132 ans plus tard un million de Français à l'enterrement de.. Johnny Halliday ! Si l'on redonnait aux Français le goût de la Culture avec un grand C : sciences, philosophie, arts ? Les musées, les salles de concert sont là, les chaînes d'Arte et de France 5... mais n'attirent pas les masses. Pourquoi ? Est-ce qu'on leur en a vraiment donné le goût à l'école ? Saucissonner la culture, l'emballer sous cellophane, obliger à l'enfourner, demander de la recracher et évaluer le rendu ne la rend pas attrayante. La distance avec les institutions distantes et contraignantes et les politiques imposées suit. Une évolution parallèle de l'école, du travail et de la politique vers la valorisation créative des individus et de la collaboration s'impose. Nous avons l'intelligence collective pour l'opérer.
Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d'initiative partagée (le RIP est organisé à l'initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?
Oui
Que faudrait-il faire pour consulter plus directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public, par l'Etat et les collectivités ?
Déjà donner un poids décisionnel à la Cour des Comptes, dont les rapports ne sont quasiment jamais suivis d'effets. La Cour des Comptes devrait valider les devis engagés par l'État et assurer leur suivi plutôt que de rester à constater les gaspillages a posteriori. Chaque citoyen devrait par ailleurs pouvoir dire dans quelles catégories il souhaite que l'argent qu'il donne en impôts aille : santé, éducation, environnement, infrastructures, fonctionnement, défense, etc... Pour les mairies la formule d'une partie en budgets participatifs peut être généralisée et pour le reste, les citoyens peuvent être sollicités à s'exprimer via les techniques de la Civic Tech. Les élus devraient aussi interagir de manière nettement plus étroite avec les ONG qui expriment les préoccupations les plus profondes des Français, en particulier dans les domaines de la santé et de l'environnement et mettre à distance les lobbys qui y font obstruction contre l'intérêt commun. La vieille habitude de favoriser les poids lourds du business contre la santé : amiante, diesel, pesticides, perturbateurs endocriniens... continue à peser de manière extrêmement défavorable sur l'économie française. Car des citoyens malades ne peuvent pas travailler correctement et car la facture payée en fin de compte : du désamiantage et 100 000 décès par cancers de la plèvre jusqu'à la dépollution de l'eau à la charge des contribuables est bien supérieure aux profits court-terme dont les ""externalités"" ont été cachées. L'argent public est massivement gaspillé car on s'assoit sur l'autorité de la Cour des Comptes et car on ne soumet pas la croissance économique à l'exigence d'une compatibilité avec la santé et l'environnement en prolongeant la vie d'activités délétères jusqu'à ce qu'elles ne soient plus tenables (107 ans entre la première étude sur l'amiante carcinogène et l'arrêt du soutien de l'État). Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre 107 ans, ni pour les perturbateurs endocriniens qui font chuter le QI des enfants, ni pour les pesticides qui augmentent les lymphomes, ni pour le réchauffement climatique qui a commencé à altérer les conditions de vie de centaines de millions de personnes.
Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?
Le Conseil Economique et Social doit être transformé en Chambre du Futur doit comprendre des représentants des scientifiques, des ONG et des différentes catégories de la population y compris les jeunes et même les enfants qui sont concernés au premier chef par le futur. Si cette institution doit vraiment devenir la Chambre du Futur il est indispensable que les enfants y soient représentés dans toutes les tranches d’âge et votent à partir de 8 ans. Quant au droit de vote pour toutes les autres élections, il devrait être abaissé à 13 ans. Les jeunes sont souvent plus conscients que les adultes et seniors, occupés ou retraités, déjà dans une situation et moins soucieux de l’avenir. La France qui a été dans le passé souvent à l'avant-garde politique avec la Révolution Française peut redevenir un modèle pour le monde en étant plus audacieuse, en donnant le droit de vote dès 13 ans et en créant une Chambre du Futur élue par les Français dès l’âge de 8 ans. Rien de tel que la participation et le terrain pour apprendre à devenir un citoyen épanoui et fructueux. Par ailleurs cette Chambre du Futur ne doit pas être cantonnée dans le Consultatif. Elle doit avoir un pouvoir égal à celui du Sénat, qu’elle remplacerait d’ailleurs avantageusement comme l’ont souligné déjà plusieurs politologues comme François Bastien et Yves Sintomer. Nos élus ne semblent pas avoir lu les livres de leurs professeurs comme Pierre Rosanvallon, ni de notre Prix Nobel d’économie Jean Tirole (L’Économie du Bien Commun).
Faut-il transformer [nos assemblées, dont le Sénat et le CESE] ?
Oui
Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ?
Oui
Si oui, lesquelles ?
Généraliser les Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) et pour ceux qui ne trouvent pas de place en entreprise, donner l'allocation en échange de travail d'intérêt commun systématiquement proposés par les communes, les départements, les régions, et au niveau national, par exemple : ramassage du plastique dans la nature, dépollution, accompagnement des handicapés, personnes âgées, accompagnement scolaire, chantiers de restauration, aide dans les services hospitaliers débordés... et associer des formations pour permettre de nouveaux métiers.
Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Importance de mettre en chantier une ré-écriture de la Constitution, qui replace la société française sur des fondations réactualisées, dont la pré-éminence de la santé et de l'environnement sur l'économie qui doit trouver les moyens de se développer aux profits de la santé et de l'environnement et non à leurs dépends. C'est la base de la survie de notre société.
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