Que pensez-vous de l'organisation de l'Etat et des administrations en France ? De quelle manière cette organisation devrait-elle évoluer ?
L'état a une tendance à se mêler de tout. C'est l'héritage de Colbert dont nous sommes incapables de nous débarrasser. Le pouvoir discrétionnaire des agents de l'état est insupportable et générateur de sentiments d'injustice qui sont probablement générateurs d'incivilités et de tentations de frauder. La fonction publique est un état dans l'état et il faudrait réellement se poser la question de sa pérennité et de son absence totale de responsabilité. Le sentiment d'injustice qui semble dominer la population y trouve probablement une partie de ses sources. Il est totalement anormal que la fonction publique bénéficie de privilèges d'un autre âge, l'impunité, l'inamovibilité, la sécurité de l'emploi.... Mais avec un cortège d'élus qui en est issu et qui pourrait bien y retourner en cas d'échec il semble peu probable que cela puisse changer. Une mesure significative serait d'interdire aux fonctionnaires de se présenter aux élections. Ce ne serait pas une mesure discriminatoire mais un choix de chacun sans espoir de retour au confort qui n'est pas accordé aux non fonctionnaires.
Selon vous, l'Etat doit-il aujourd'hui transférer de nouvelles missions aux collectivités territoriales ?
Oui
Si oui, lesquelles ?
Quasiment toutes en dehors du pouvoir législatif et des domaines difficilement transmissibles comme l'armée et les affaires étrangères.
Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
Non
Si non, quels types de services publics vous manquent dans votre territoire et qu'il est nécessaire de renforcer ?
En région parisienne la concentration est largement suffisante. Par contre la lente dégradation des services publiques dans les campagnes et dans les villes de moyenne importance est flagrante. C'est un domaine pour lequel les français comprendraient de payer plus. Sous condition de limiter l'importance d'administrations centrales pléthoriques.
Quels nouveaux services ou quelles démarches souhaitez-vous voir développées sur Internet en priorité ?
Aucune. Il serait souhaitable d'assurer ces services pour les personnes qui ont du mal à manier internet. Une révolution est toujours difficile à comprendre pour les plus âgés et les plus faibles. Il semble que pour beaucoup ça va trop vite. C'est une tendance très actuelle de faire du jeunisme à tous propos. Dans les sociétés évoluées l'avis des anciens était précieux.
Avez-vous déjà utilisé certaines de ces nouvelles formes de services publics ?
Non
Quelles améliorations préconiseriez-vous [des nouvelles formes de services publics] ?
Il semble que la société est trop bloquée pour permettre des évolutions significatives
Quand vous pensez à l'évolution des services publics au cours des dernières années, quels sont ceux qui ont évolué de manière positive ?
après mure réflexion je ne vois pas!
Quels sont les services publics qui doivent le plus évoluer selon vous ?
Tous
Connaissez-vous le "droit à l'erreur", c'est-à-dire le droit d'affirmer votre bonne foi lorsque vous faites un erreur dans vos déclarations ?
Oui
Si oui, avez-vous déjà utilisé ce droit à l'erreur ?
Non
Si oui, à quelle occasion en avez-vous fait usage ?
Ça ne pourra être effectif que quand l'administration admettra la possibilité qu'elle fasse des erreurs. Il faudrait une véritable révolution pour que ça puisse arriver
Pouvez-vous identifier des règles que l'administration vous a déjà demandé d'appliquer et que vous avez jugées inutiles ou trop complexes ?
Je vais donner deux exemples: Pour implanter une entreprise dans une zone industrielle il a fallu obtenir un certain nombre d’autorisations aussi farfelues que compliquées. Dans une zone industrielle vieillissante et parsemée de friches industrielles plus ou moins en ruine il a fallu prouver que la faune locale ne serait pas perturbée par la construction d’une usine. Le principe de précaution est tellement ancré dans les mentalités que personne dans les administrations concernées, ne s’est posé le problème de savoir pourquoi il a fallu plus de 2 ans pour obtenir les autorisations pour une construction sans nuisance ni pollution. (Le dossier et une visite peuvent être présentés). Le dossier a mobilisé une quarantaine de fonctionnaires qu’il a fallu consulter. Un autre? L’administration depuis un certain Claudius Petit, s’est acharnée sur les communes françaises pour en faire des zones de non vie… A l’origine il fallait construire vite, pas cher et en grande quantité. Résultat : une quantité de communes sacrifiées et non revalorisées. Et notamment sur les banlieues. (Plan à disposition). Ces périphéries se sont lentement dégradées avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui. Les solutions existent mais ne passent pas par l’urbanisme réglementaire proposé aujourd’hui. Celui-ci, pondu par des urbanistes dont la formation est quasi uniquement réglementaire ne peut que se satisfaire de l’imbroglio des PLU en vigueur. Chacun y va de sa petite sauce avec cette aberration du zonage qui permet la création de zones industrielles, de zones commerciales de zones artisanales, de zones d’habitat… au lieu d’organiser un mélange des genres et de retrouver le plaisir d’habiter. Celui-ci est fonction d’un environnement équilibré et diversifié. Les anciennes agglomérations, en dehors des zones réservées à l’industrie, mélangeaient avec bonheur toutes les fonctions urbaines qui permettaient des déplacements courts et pédestres. Cette supplique pour une révision globale de la réglementation rejoint ce qui a été exposé dans l’exemple 3. Mais là on se heurte à une administration toute puissante qui ne laissera pas faire facilement. N’oublions pas que l’endroit où la vie collective prend tout son sens est la rue commerçante grouillante mêlant piétons, véhicules, commerces, livraisons, encombrements, énervement, rencontres…. La vie en somme ! Même ça les maires l’ont oublié et ont cru qu’il serait plus agréable de transformer leur centre ville en zone piétonne. Et ce à grand renfort de dépenses, qui ne sont donc pas consacrées aux quartiers périphériques qui en ont vraiment besoin. Résultat : Des centres villes joliment agencés à grand renfort de piétonisation, de pavés, de bornes, de fleurs, de dépenses multiples et variées et des commerçants mécontents, des piétons éloignés de leur cher véhicule et une fréquentation en baisse. Raison invoquée : l’absence de voitures réduit la pollution. C’est vrai mais a-t-on réellement vérifier la part des véhicules dans la pollution globale ? (chauffage fuel par exemple). Pendant ce temps les quartiers plus éloignés et donc moins favorisés recueillent les véhicules et ne sont pas concernés par des investissements dont ils auraient vraiment besoin. Un autre? Encore un exemple de la complexité démentielle de la réglementation pondue par des fonctionnaires qui apparemment n’ont rien d’autre à faire. C’est tellement fou qu’ils se sont quand même rendu compte que les surcoûts engendrés étaient tels qu’il fallait réagir. Un petit exemple significatif : Il était imposé une accessibilité de tous les logements aux personnes à mobilité réduite. Si le vœu est louable, la réalisation est incohérente économiquement parlant. Un logement accessible demande des circulations et des espaces de retournement pour fauteuil qui font croître la surface d’environ 10%. Soit pour un 3 pièces de 60m² une augmentation de 6 m² soit un surcoût de 21.000 € à l’achat pour un prix de 3.500€/m². Nombre de jeunes ménages s’en passerait. Une proposition de loi a tenté de faire passer cette obligation à 10% de logements, finalement 20% ont été retenus sous la pression de lobbys. Un autre exemple : Sous la responsabilité de Madame Ségolène Royal il a été refondu la réglementation régissant l’isolation thermique des bâtiments. Et il a été décidé que toute rénovation de façade ancienne devait être accompagnée du placage d’une isolation par l’extérieur. Si pour nombre de constructions la solution ne pose pas de grands problèmes, il n’en va pas de même pour un plus grand nombre encore de constructions à l’architecture variée et qui fait la richesse des villes et villages. Encore un exemple de l’absurdité de l’administration. Un architecte avait comptabilisé environ 12.000 règlements régissant l’acte de construire, et il y a de ça une vingtaine d’années. Evidemment l’eau a coulé sous les ponts depuis ce comptage et les choses ne se sont pas améliorées. Il serait peut être temps de créer un collège de sages dont le rôle serait de brider le délire des créateurs de règlements… Une suggestion en prime: En plus c’est porteur d’économies sensibles…. On demande aux entrepreneurs de rédiger des bulletins de salaires hallucinants. Il serait tellement plus simple que l’état publie un texte, chaque mois, définissant un taux unique à appliquer aux salaires nets. Un organisme unique serait chargé d’effectuer la répartition auprès des différents récipiendaires. Et un certain nombre de patrons de PME dormirait mieux et pourrait gagner un temps précieux à consacrer à la marche de son entreprise. Je n’ai jamais entendu parler d’une telle solution. Je connais nombre de fonctionnaires qui trouverait l’idée idiote… L’est elle vraiment ? Il est vrai que, dans le cas d’une mise en application, nombreux seront les postes à supprimer… Pour l’information du salarié il lui suffira de se reporter à la publication mensuelle de la répartition.
Faut-il donner plus d'autonomie aux fonctionnaires de terrain ?
Non
Si oui, comment ?
Surtout pas
Faut-il revoir le fonctionnement et la formation de l'administration ?
Oui
Si oui, comment ?
En supprimant le statut de fonctionnaire. En supprimant l'ENA. Et en faisant en sorte que l'administration suive les ordres des politiques. Les américains qui n'ont de leçons de démocratie à recevoir de personne changent les têtes de l'administration à chaque changement de présidence.
Comment l'Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ?
Vaste programme.
Si vous avez été amené à créer une entreprise, pouvez-vous indiquer les éléments de satisfaction et/ou les difficultés rencontrés en précisant, pour chaque point, l'administration concernée :
Souhaitant créer une entreprise industrielle, j'ai définitivement renoncé à la créer en France. Les raisons sont multiples et ne peuvent être exposées ici. En résumé c'est digne de Kafka et du père Ubu. Dix ans d'efforts inutiles. Création en cours à l'étranger sous des climats plus favorables..
Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l'Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Bon courage. Nous assistons avec tristesse au déclin d'un pays qui pourrait tout avoir.
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