Intégralité de la contribution intitulée "Améliorer le retour à l'emploi après un problème de santé et améliorer les relations avec le médecin conseil"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Organisation de l'état et des services publics le 14 mars 2019 à Saint-Cyr-l'École .

Que pensez-vous de l'organisation de l'Etat et des administrations en France ? De quelle manière cette organisation devrait-elle évoluer ?
La personne victime d'un problème de santé est à nouveau victime de dysfonctionnement administratifs douloureux au moment de revenir à l'activité de travail après un problème de santé. Je suis ergonome et je donne un exemple vécu pour illustrer le dysfonctionnement qui me paraît injuste pour le salarié, pour l'entreprise qui l'emploie, et plus largement pour la société française. La cellule PDP (Prévention de la Désinsertion Professionnelle) de la CRAMIF s'est réunie et le médecin conseil Assurance Maladie a donné son accord pour que le salarié puisse effectuer un ""essai encadré"" pendant son arrêt de travail. Cet essai encadré se traduit par le test d'un poste dans l'entreprise avant la reprise. Il peut durer 3 jours consécutifs ou non, fractionné en 6 demis journée ou non. Dans le cas précis, le salarié a la reconnaissance administrative du handicap (RQTH). A ce titre, le Cap Emploi Sameth, vu la complexité de la situation, a proposé de mettre en place une EPAAST (Etude Préalable à l'Aménagement/Adaptation de la Situation de Travail) financée par l'Agefiph. Le salarié, l'employeur et le médecin du travail sont d'accord pour réaliser cette étude ergonomique dans le cadre de l'essai encadré pour anticiper le retour du salarié. C'est à ce moment là que moi, ergonome, j'interviens pour mener cette intervention. Lors de la réunion de lancement, il est décidé que le salarié après l'essai encadré puisse reprendre son travail, non pas à temps plein mais à temps partiel thérapeutique progressif (50%, puis 70% par exemple). Le médecin traitant fait une demande, le médecin du travail écrit une lettre au médecin conseil. Le groupe que j'anime (employeur, salarié, médecin du travail, référent Cap Emploi Sameth) est confiant, d'autant plus que la cellule PDP s'est prononcée favorablement pour cet essai encadré. Malheureusement, est c'est là que je dénonce le dysfonctionnement, le médecin conseil refuse au salarié cette reprise à temps partiel thérapeutique en raison de l'épuisement de ses droits. Le langage et les mots utilisés par le médecin conseil qui a reçu le salarié sont très durs : vous devez vous remettre au travail. Le médecin conseil n'a même pas daigné lire la lettre du médecin du travail qui expliquait la démarche. L'essai encadré s'est poursuivi (6 demi journées : 1 réunion de lancement, 2 observations de l'activité de travail, 1 réunion de restitution intermédiaire, 1 essai de solution technique, 1 réunion de restitution finale). Mais si la reprise à temps partiel thérapeutique avait été accordé, cela aurait grandement facilité l'implication de chaque acteur. Ma suggestion : quand l'essai encadré est accordé en cellule PDP et en plus dans le cadre d'une EPAAST, pourrait-on envisager quand même une reprise à temps partiel thérapeutique même si le salarié n'a plus de droit ouvert pour cela ? En effet, tous les acteurs vont dans le même sens (salarié, employeur : RH, chef de service, médecin du travail, Cap Emploi Sameth, ergonome), sauf le médecins conseil qui refuse, peut-être même sans savoir que tous ces acteurs sont investis dans un projet solide de retour à l'emploi. Merci par avance de prendre en compte cette suggestion et merci d'avoir lancé ce grand débat

Selon vous, l'Etat doit-il aujourd'hui transférer de nouvelles missions aux collectivités territoriales ?
Non

Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
Oui

Avez-vous déjà utilisé certaines de ces nouvelles formes de services publics ?
Non

Quelles améliorations préconiseriez-vous [des nouvelles formes de services publics] ?
A la mairie, la pression est de plus en plus forte sur les agents. Il faudrait davantage prendre en compte le travail réel des agents. Pour cela, faire appel aux ergonomes de l'activité de travail.

Quels sont les services publics qui doivent le plus évoluer selon vous ?
La mairie

Connaissez-vous le "droit à l'erreur", c'est-à-dire le droit d'affirmer votre bonne foi lorsque vous faites un erreur dans vos déclarations ?
Oui

Si oui, avez-vous déjà utilisé ce droit à l'erreur ?
Oui

Si oui, à quelle occasion en avez-vous fait usage ?
Pour rectifier une erreur dans la déclaration d'impôt.

Faut-il donner plus d'autonomie aux fonctionnaires de terrain ?
Oui

Si oui, comment ?
En faisant appel à des ergonomes. L'ergonomie de l'activité a le précieux intérêt de ramener autour de la table le travail réel des agents, de le mettre en débat avec les collègues, les cadres, les directeurs de proximité et exécutifs, médecin de prévention, les partenaires sociaux, en dépassionnant les échanges, car l'ergonome de l'activité de travail recentre toujours les discussions sur travail réel. Nous, les ergonomes, nous avons la chance d'avoir accès à l'activité de travail réel. Nous avons la méthode et les outils pour l'observer, la modéliser, la mettre en débat et ouvrir les échanges. Nous n'avons pas les solutions, mais nous avons les clés pour faire émerger les solutions en mettant au centre des discussions le travail réel. Par expérience, les solutions concrètes, visibles, qu'elles soient techniques et organisationnelle, émergent de ces discussions.

Faut-il revoir le fonctionnement et la formation de l'administration ?
Oui

Si oui, comment ?
Je pense que l'ergonomie de l'activité a un grand avenir dans le cadre de l'amélioration du fonctionnement et de la formation de l'administration. Surtout, ayez l'automatisme, d'associer l'ergonome dès que vous pensez engager une démarche d'amélioration pour articuler mieux performances attendues (qualité, rentabilité, efficacité...) et santé, sécurité, confort des agents.

Comment l'Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ?
De nouveau, l'ergonomie de l'activité n'est pas LA solution, mais l'ergonome apporte une clé décisive : l'activité de travail réelle des agents.

Si vous avez été amené à chercher un emploi, pouvez-vous indiquer les éléments de satisfaction et/ou les difficultés rencontrés en précisant, pour chaque point, l'administration concernée :
Pôle emploi : Très bien. Ils m'ont orienté vers Coopaname, une coopérative d'emploi très dynamique.


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