Que pensez-vous de l'organisation de l'Etat et des administrations en France ? De quelle manière cette organisation devrait-elle évoluer ?
Cette organisation est trop centralisée; elle devrait évoluer vers un système très décentralisé, si possible fédéral.
Selon vous, l'Etat doit-il aujourd'hui transférer de nouvelles missions aux collectivités territoriales ?
Oui
Si oui, lesquelles ?
L'essentiel des compétences non régaliennes. Mais il faut d'abord que ces territoires soient identitairement légitimes, et géographiquement et économiquement satisfaisants, ce qui n'est pas le cas de la carte des grandes régions de 2015.
Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
Non
Si non, quels types de services publics vous manquent dans votre territoire et qu'il est nécessaire de renforcer ?
Les services de décision relatifs au territoire alsacien, dont une partie a été transférée hors de l'Alsace à cause de la fusion forcée des régions. En particulier, Strasbourg a subi un fort déclassement de ses fonctions métropolitaines.
Comment l'Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ?
Par une décentralisation des compétences de l'Etat; et surtout par une réduction de la taille des entités administratives et une recherche d'homogénéisation de leurs caractéristiques. Plus un territoire administratif est vaste, plus il risque d'être hétérogène, plus ses secteurs en difficulté seront difficiles à individualiser (ne serait-ce que statistiquement); plus certains de ses élus seront éloignés des zones en difficulté , seront ignorants de ces difficultés, ou auront des priorités différentes à résoudre.
Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l'Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La remise à plat de la réforme territoriale de 2015 est indispensable. La fixation par les seules autorités centrales de la carte territoriale est un déni d'identité et un déni de démocratie, inadmissibles dans une démocratie ""occidentale"". La région Grand Est est l'exemple extrême d'un territoire injustifiable géographiquement, économiquement et culturellement, et qui a été imposé au mépris de la volonté de ses habitants. La CEA ne règle en rien la ""question alsacienne"", puisque la demande principale d'une très forte majorité des Alsaciens (plus de 80%), qui est la sortie complète du Grand Est, a été refusée par principe par l'exécutif national. Un référendum alsacien portant sur l'appartenance au Grand Est et sur la transformation éventuelle de la CEA en Région Alsace doit être prévu dans un délai raisonnable, par exemple à l'issue de la première mandature de la CEA. Le statut de la CEA doit donc explicitement contenir une possibilité d'évolution institutionnelle, et notamment de pouvoir organiser ce référendum dans un délai prévu à l'avance. Ne pas se faire d'illusions: avec ou sans CEA, le Grand Est est et restera illégitime, n'ayant jamais été validé démocratiquement par les Alsaciens. Si les autorités centrales étatiques persistent à considérer la région Grand Est comme définitive et à empêcher les Alsaciens d'obtenir démocratiquement un statut territorial correspondant à leur volonté, l'autonomisme alsacien deviendra le seul moyen politique d'échapper à cette mise sous tutelle administrative de l'Alsace. En enfermant l'Alsace dans un ""grand Bassin Parisien oriental"", en niant les caractéristiques particulières rhénanes de sa culture, de sa géographie et de ses relations de voisinage, la grande région rend impossible la survie de ces caractéristiques particulières à moyen terme. La propagande grand-régionale systématique en faveur d'une identité commune grandestienne est logiquement considérée en Alsace comme une volonté délibérée d'éradiquer toute conscience identitaire alsacienne: aucune compromission ne peut être possible avec ce territoire artificiel. Seule sa disparition à l'aide d'un moyen incontestablement démocratique, un référendum alsacien, règlera définitivement la ""question alsacienne"".
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