Intégralité de la contribution intitulée "les équipements sociaux services publics de redistribution"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Organisation de l'état et des services publics le 2 février 2019 à Saint-Cyr-sur-Mer .

Que pensez-vous de l'organisation de l'Etat et des administrations en France ? De quelle manière cette organisation devrait-elle évoluer ?
vers plus de décentralisation

Selon vous, l'Etat doit-il aujourd'hui transférer de nouvelles missions aux collectivités territoriales ?
Oui

Si oui, lesquelles ?
tout sauf les missions régaliennes. Modèle Allemand ou espagnol

Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
Oui

Avez-vous déjà utilisé certaines de ces nouvelles formes de services publics ?
Oui

Si oui, en avez-vous été satisfait ?
Oui

Quelles améliorations préconiseriez-vous [des nouvelles formes de services publics] ?
tutoriels d'utilisation plus clairs

Quand vous pensez à l'évolution des services publics au cours des dernières années, quels sont ceux qui ont évolué de manière positive ?
fiscalité, démarches administratives

Quels sont les services publics qui doivent le plus évoluer selon vous ?
la poste, état civil

Connaissez-vous le "droit à l'erreur", c'est-à-dire le droit d'affirmer votre bonne foi lorsque vous faites un erreur dans vos déclarations ?
Non

Pouvez-vous identifier des règles que l'administration vous a déjà demandé d'appliquer et que vous avez jugées inutiles ou trop complexes ?
demande de permis de construire à rendre plus claire

Faut-il donner plus d'autonomie aux fonctionnaires de terrain ?
Oui

Si oui, comment ?
ce sera une conséquence de la décentralisation évoquée plus haut

Faut-il revoir le fonctionnement et la formation de l'administration ?
Oui

Si oui, comment ?
revoir la procédure de recrutement, notamment le principe du concours. Epreuves plus concrètes par mise en situation par exemple.

Comment l'Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ?
Le problème est d'assurer une véritable complémentarité d'action aux divers acteurs. En particulier pour les finacements d'actions publiques qui devraient se faire avec un guichet unique répondant à des fonctions précises : équipements publics, aide à l'éducation, aide aux personnes ^$agées dépendantessubventions aux associations reconnues d'utilisté publique

Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l'Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
je pense qu'il faudrait réfléchir à une meilleure organisation de l'action collective via les équipements sociaux. pour permettre à ces Equipements de mieux remplir leur fonction de « corps intermédiaires » dans la mise en place des politiques sociales de redistribution de l’Etat répondant aux besoins exprimés par les citoyens

Les données du Contexte économique :
La politique macroéconomique du Gouvernement consiste majoritairement à aider les entreprises à créer des emplois dans le cadre d’un objectif de développement durable entraînant des mesures en faveur de l’écologie.
Les choix de l’Etat pour le modèle social
La stratégie de l’action publique, mettant jusqu’ici seulement l’accent sur la responsabilité individuelle des citoyens dans leur choix de mode de vie, peut être considérée comme un choix politique d’un modèle cherchant à passer du modèle social « français » de prise en charge de la vie quotidienne par la collectivité ( état providence) à un modèle qui articulerait les avantages du modèle scandinave de prise en charge par l’état (jamais de chômage, mais activité ou formation gratuite à un nouvel emploi) et ceux du modèle anglo-saxon de recours à la volonté individuelle (aides plus limitées en volume et dans le temps + charité associative pour les laissés pour compte).
Cette politique a sa cohérence, mais devrait aboutir à diminuer le chômage et à améliorer significativement le pouvoir d’achat au mieux dans les 2 ans qui viennent.
Le problème que soulèvent les mouvements sociaux récents « gilets jaunes » est que à court terme cette stratégie expose à de graves difficultés une grande partie de la population (classes populaires et classes moyennes), faute de mesures suffisantes d’accompagnement social.
Pour ceux qui restent exclus de l’emploi dans la période de transition ou dont la faible qualification leur rendra l’insertion professionnelle de toute façon difficile, voire impossible, le Plan pauvreté a prévu des aides individuelles : formation jusqu’à 18 ans, Revenu minimum, aide personnalisée à l’insertion via Pôle emploi.
Mais aucune mesure ne vise les classes moyennes « aux revenus modestes».

Le dilemme des classes moyennes à revenus modestes.
Le seul modèle de vie qu’on les incite à rechercher, notamment à travers le matraquage publicitaire est celui où le bien être est conditionné par la consommation individuelle de biens et de services. Or, compte tenu de la part croissante des dépenses contraintes (loyers, eau, électricité, impôts et taxes diverses,) le niveau de salaire ne leur permet pas de profiter suffisamment de ce mode de vie.
Deux façons de répondre à cette frustration :
1) augmenter le « pouvoir d’achat »
Le problème est que, au moins à court terme, la situation économique du pays ne permet pas d’augmenter suffisamment les salaires. D’où le blocage et les frustrations.
2) jouer sur le mode de consommation : apprendre à lutter contre le modèle dominant centré sur l’avoir individuel,; construire un modèle de vie sociale permettant de concilier épanouissement individuel et bien vivre collectif (mutualisation, convivialité. Voir les exemples dans le film Demain).
Problème : changer de mode de consommation suppose une formation, un accompagnement. On ne voit pas comment organiser cette formation.
Vers une solution.
Objectifs
En même temps :
1) augmenter le pouvoir d’achat individuel (mieux organiser la redistribution par réforme fiscale au sens large et incitation à augmenter les salaires quand c’est possible. Encourager la syndicalisation)
2) aider les citoyens à améliorer leur mode de consommation et de vie en société.
Moyens pour arriver à 2 :
Une spécificité française : les équipements sociaux comme « corps intermédiaires » facilitant la transition des modes de consommation

Pour parvenir au deuxième objectif, on peut s’appuyer sur un des atouts majeurs du modèle français dans ce domaine qui est la présence d’organismes fonctionnant sur le mode de la délégation de service public : centres Sociaux, Maisons pour tous. Ces établissements accueillent le public avec un double rôle :
- favoriser l’insertion des publics en difficulté dans le monde du travail
- redistribuer la richesse afin de permettre l’accès à des biens et services à ceux qui ne peuvent se les payer aux prix du marché: activités culturelles et sportives, soutien scolaire, sorties, vacances …
Cette fonction de redistribution ne se limite pas à une offre de biens et services « low cost », mais dans le meilleur des cas offre une véritable formation à une consommation intelligente permettant de tirer le meilleur parti de ressources modestes :
- santé nutrition (comment préparer vite un bon repas diététique pas cher), - -éducation des enfants (aide à la fonction parentale, aide aux devoirs),
-intégration des adolescents par des loisirs intelligents (actions jeunes)
- gestion du budget familial : usages du numérique, loisirs (quelles sont les possibilités de se distraire au meilleur prix dans sa ville), de partir en vacances…),
-formation citoyenne aux grands enjeux économiques et sociaux via des conférences et formations par des spécialistes reconnus.
- pratique de la vie quotidienne conviviale dans un environnement social pluriel (fêtes de quartiers, repas et soirées intergénérationnels, rencontre avec des quartiers sociologiquement différents…)
Ces équipements sociaux représentent donc le chaînon indispensable entre le citoyen et l’Etat si l’on veut assurer la pleine réussite des dispositifs pour lutter contre la précarité. Une dimension collective doit être explicitement ajoutée et encouragée à la motivation et à l’aide individuelle. Les moyens et les personnels existent : il suffit de les faire connaître et de les soutenir.
Un juste équilibre doit être trouvé entre le traitement social collectif et le traitement individualisé de la question du pouvoir d’achat pour articuler le plus efficacement possible responsabilité et solidarité.
Responsabilité et solidarité : le rôle central des équipements sociaux
Nous pensons qu’il faut éviter une situation où les citoyens en difficulté matérielle n’aient d’autre recours qu’une aide d’Etat limitée, augmentée, pour les situations les plus difficiles, de prestations assurées par des associations (Secours populaire, catholique, armée du salut, Emmaüs
restos du cœur…). Si l’action de telles associations doit être reconnue et reste indispensable, leur fonctionnement relève beaucoup trop du modèle de l’assistanat, puisque les bénéficiaires n’ont aucune responsabilité dans leur fonctionnement . Elles ne peuvent donc pas contribuer à l’émancipation des bénéficiaires, élément central de la réussite des plans actuels.
Au contraire, les usagers des Centres sociaux et les MPT sont étroitement associés à leur fonctionnement et peuvent le contrôler et l’infléchir de façon active en tant que membres de l’association gestionnaire lors de son Assemblée générale et/ou en étant démocratiquement élus à son Conseil d’administration. Les représentants des Collectivités locales, de l’Etat et de grands organismes comme la Caisse d’Allocations Familiales participant à ces organes de gestion, ce fonctionnement est une véritable école de participation citoyenne pour les usagers en permettant, entre autres, le dialogue entre citoyens et acteurs politiques.
Il y a là un modèle de « corps intermédiaires » ayant vocation à intégrer et responsabiliser les citoyens qu’il serait irresponsable de marginaliser dans la lutte contre la précarité. Des critiques faisant état de cas de clientélisme politique, de frais de fonctionnement trop élevés sont parfois formulées à leur égard. Comme dans toutes les politiques publiques (recherche, santé, sport…) il serait possible de renforcer les instances d’audit et d’évaluation qui en mesurent objectivement l’efficacité pour faire la part des rumeurs infondées et des défauts à corriger.
Des ressources pour augmenter le pouvoir d’achat à portée de main
Il y va de la responsabilité de l’Etat d’informer les citoyens, encouragés par des publicités marchandes à une consommation individuelle qui restera toujours au dessus de leurs moyens, de l’existence et de l’intérêt de ces établissements qui sont à leur service. Une campagne nationale d’information sur ces réalisations concrètes de la solidarité nationale présentes à leur porte permettrait d’augmenter le nombre de bénéficiaires et d’en faire, en dialogue avec les politiques publiques, des acteurs responsables et actifs de leur vie quotidienne. . Les prestations fournies par les équipements sociaux contribuent à augmenter immédiatement le pouvoir d’achat de leurs usagers, puisqu’ils y trouvent moindre prix des moyens de mieux vivre leur quotidien. Dans les équipements sociaux, on apprend en outre à mieux tirer parti de ressources limitées et on trouve par-là même des outils immédiatement disponibles pour augmenter progressivement son pouvoir d’achat.

Nos objectifs sont alors clairs

-Eviter à notre niveau la coupure entre peuple et élites ( experts et usagers)
-participer activement aux débats à venir donnant la parole aux habitants
- les rendre efficaces en éclairant les revendications tirée du vécu des habitants par l’analyse des experts afin d’aider les habitants à se faire une opinion éclairée :
-en donnant accès à une information fiable sur les faits
-en proposant des outils de compréhension de ces faits


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