Intégralité de la contribution intitulée "Améliorer l'investissement public en misant sur l'efficacité, la prévention et l'anticipation"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Fiscalité et dépenses publiques le 26 février 2019 à Paris 10e Arrondissement .

Quelles sont toutes les choses qui pourraient être faites pour améliorer l'information des citoyens sur l'utilisation des impôts ?
L'information existe souvent déjà mais son accès n'est pas des plus aisés à tous. Une amélioration pourrait être apportée via l'inscription du sujet des impôts dans les programmes scolaires, la diffusion régulière et vulgarisée de brochures ou de courriels d'explication par les élus et par les médias, notamment lors des votes de budget, et un meilleur relais des rapports de certaines institutions telles que la Cour des comptes. L'usage de sigles sur les fiches de paie ou tout autre document administratif devrait être sérieusement raisonné.

Que faudrait-il faire pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ?
Une meilleure justice fiscale pourrait peut-être passer par le basculement d'impôts proportionnels (TVA notamment) en impôts progressifs (impôt sur le revenu). Les politiques fiscales devraient être parfaitement cohérentes avec les autres politiques, notamment celles sur la transition écologique et solidaire - il est ainsi anormal que la fiscalité soit plus incitative à des actions pétrolières plutôt qu'à l'investissement dans des espaces naturels (voir les travaux de Guillaume Sainteny à ce sujet), plus incitative aux transports aériens ou routiers plutôt ferroviaires ou fluviaux. Les niches fiscales abusives, notamment utilisées par les ménages les plus riches, devraient être sérieusement réévaluées et clarifiées (voir les travaux de Thomas Piketty à ce sujet). La Cour des Comptes formule enfin de nombreuses recommandations pour améliorer l'efficacité de la fiscalité. Ces recommandations devraient être plus suivies voire conduire à des procédures judiciaires dès lors qu'un trop mauvais usage de l'argent public est constaté. Cela permettrait de plus responsabiliser les gestionnaires publics ainsi que les bénéficiaires publics et privés. Par exemple, les crédits impôts recherche qui ont été largement détournés (Carrefour, Sanofi Aventis, etc.) doivent être remboursés, de même pour le CICE, où le patronat n'a pas tenu ses engagements malgré l'utilisation de l'argent public.

Quels sont selon vous les impôts qu'il faut baisser en priorité ?
Dans un contexte d'incertitudes croissantes (climatiques, environnementales, géopolitiques) nécessitant des investissements de long-terme, donc publics, les impôts ne doivent pas baisser mais bien augmenter. En revanche, un bien meilleur usage de l'argent public peut être envisagé en misant sur l'efficacité, la prévention et l'anticipation ce qui permettrait de réduire fortement certaines dépenses publiques ultérieures. Rendre obligatoire une visite médicale complète annuelle permettrait de diagnostiquer au plus tôt des maladies qu'il coûterait bien moins cher de soigner en intervenant tôt qu'en intervenant plus tard. Ce raisonnement vaut pour de nombreuses autres politiques en éducation, en agriculture, sur les forêts, sur les infrastructures...

Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous...
Augmenter les impôts

S'il faut selon vous revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales, lesquelles doivent être concernées ?
Les aides sociales doivent constituer des investissements dans la cohésion sociale, l'éducation et la formation, l'intégration dans le travail et la société, et permettent ainsi de réduire de dépenses publiques ultérieures. Elles devraient être renforcées notamment pour les populations les plus vulnérables.

Quels sont les domaines prioritaires où notre protection sociale doit être renforcée ?
La santé, y compris les soins dentaires, et en privilégiant les approches de prévention et de traitement léger (herboristerie y compris) plutôt que le approches lourdes (médicamentation lourde, ambulances...) : exemple de la campagne ""les antibiotiques, ce n'est pas automatique"". L'éducation et la formation, en visant à fournir toutes les compétences attendues pour des citoyens-entrepreneurs plutôt que des travailleurs-consommateurs. La cohésion sociale, en luttant farouchement contre les inégalités socio-economiques, y compris sur le plan territorial (actions prioritaires à mener dans les outre-mer, dans les banlieues et dans les territoires ruraux en déprise).

Pour quelle(s) politique(s) publique(s) ou pour quels domaines d'action publique, seriez-vous prêts à payer plus d'impôts ?
Transition écologique et solidaire, lutte contre les inégalités socio-economiques, coopération internationale, éducation et formation, santé, justice.

Y a-t-il d'autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Il faut donner les moyens aux citoyens, y compris judiciaires, que tous les gestionnaires publics et tous les bénéficiaires publics et privés soient exemplaires et en pleine phase avec la transition écologique et solidaire quant à l'utilisation des impôts et de l'argent public. Les avis de la Cour des Comptes doivent être beaucoup plus suivis.


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