Intégralité de la contribution intitulée "Une fiscalité intelligente, une dépense publique juste"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Fiscalité et dépenses publiques le 1 février 2019 à Grenoble .

Quelles sont toutes les choses qui pourraient être faites pour améliorer l'information des citoyens sur l'utilisation des impôts ?
Le problème en France est que la diversité des impôts est telle qu'on en finit par ne plus bien savoir ce qu'ils financent réellement. Alors certes au final de l'argent récolté reste de l'argent peut importe à quoi il sert, mais il est sans doute aussi voire plus important de savoir comment est utilisé cet argent que de savoir d'où il vient. Il faudrait donc un outil simplifié accessible facilement sur internet sur impots.gouv où l'on puisse trouver comment est redistribué l'argent des différents impôts.

Que faudrait-il faire pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ?
Rétablir l'ISF tel quel ne sert clairement à rien. Cela fait évidemment fuir les capitaux, il faut être aveugle et sourd pour ne pas le comprendre, surtout pour les personnes qui se plaignent en même temps de la fraude fiscale. S'il y a de la fraude fiscale c'est bien parce que les gens ne veulent pas payer ce qu'ils doivent. Donc si on rajoute un impôt énorme à des personnes qui ont les moyens d'aller voir ailleurs, évidemment qu'ils vont le faire ! Aucune efficacité à rétablir cet impôt. Non l'ISF ne doit pas être rétabli. Ou alors, éventuellement il faut repenser la chose : diminuer le taux (assez largement mais pas jusqu'à la suppression complète) et offrir la possibilité aux imposés de réinvestir directement cet argent dans l'économie, dans des PME ou autres ou sous forme de crédit d'impôt. Attention sur l'impôt sur l'immobilier, il est déjà très imposé en France et une taxation supplémentaire ne devrait se borner que sur des résidences tertiaires ou plus ; en somme sur les personnes ayant en quelque sorte un ""parc immobilier"" et crée de la richesse dessus. Car attention au raccourci : j'ai pu entendre de M. le président que l'on devrait imposer de manière plus conséquente les plus-values prenant pour exemple la ville de bordeaux qui avec le TGV a vu certains prix grimper sans que les propriétaires n'aient à travailler pour cela. oui c'est vrai dans cet exemple, et encore à moitié car il faut travailler pour obtenir un prêt pour l'acheter, rembourser les intérêts à la banque, et payer les frais de notaire qui pour une large partie ne l'oublions, va à l'état !! (Donc il y a déjà un impôt systématique, outre taxe foncière, sur l'immobilier !). De plus, puisqu'un exemple est pris en référence, je vous donne le mien : j'ai refait moi-même tout mon appartement, mettant 20000€ de ma poche en matériau. J'ai réalisé en intégralité tous les travaux, de tout type, qui m'auraient coûté plus de 40k€ en faisant appel à tous les professionnels nécessaires. Je compte donc bien faire une plus-value sur cet appartement lorsque je le revendrai, car les 20k€ ne sont pas tombés du ciel et j'ai dû travailler pour les avoir, quant à la réalisation, je me suis tué à la tâche tous les soirs et le WE après le travail pendant 4 mois pour faire ces travaux. Je m'excuse donc de le dire, mais j'ai travaillé pour créer cette plus-value (latente pour le moment) Tout cela pour dire que quand on utilise un exemple il faut faire attention aux contre-exemples, et faire attention à certains raccourcis. Certes certains fois les plus-values tombent du ciel sans que les gens ne fassent rien mais ce sont souvent des plus-value liées aux terrains. Et comme il semble difficile de pouvoir séparer plus-value ""terrain"" de plus-value ""biens immobiliers"", je ne vois pas trop comment mettre en pratique ce que propose M. le président sans pénaliser les personnes qui ont réhabiliter ou refait une maison ou un appartement. Néanmoins je reste d'accord sur le fait d'augmenter la fiscalité sur l'immobilier pour les propriétaires multi-biens, et au-delà d'une certaine valeur, cela semble bien plus cohérent que l'ISF. Enfin, le point essentiel est d'arrêter de miner les classes moyennes ! Tandis que des efforts sont faits pour les classes les moins aisés, ce qui est bien en soit, c'est toute la classe moyenne qui de fait voit son pouvoir d'achat diminuer alors que c'est quand même sur elle que repose la majorité de l'impôt sur le revenu et donc contribue pour une grosse part à la vie de la société. Il ne faut pas oublier que souvent la classe moyenne sont des cadres ayant de fait des revenus plus élevés mais pour la simple et bonne raison qu'ils ont plus de responsabilités, travaillent plus en volume horaire, ne sont pas payés en heures supplémentaires, ont commencé à travailler plus tard (et finiront donc plus tard) et ont gagné de l'argent moins tôt dans leur vie, n'ont pu s'établir et fonder une famille moins vite que d'autres, etc, etc. L'argent ne tombe pas du ciel comme ça, il y a des contreparties réelles qui compense en partie le salaire plus élevés. Il n'est donc pas juste qu'on leur impose de plus en plus de financer le pays à eux seuls.

Quels sont selon vous les impôts qu'il faut baisser en priorité ?
La TVA est sûrement trop élevé et touche bien trop de produits indispensables. Cela mine les productions françaises contre l'importation de produits européens à TVA moins élevée. L'impôt sur le revenu ne doit pas être nécessairement baissé. Il pourrait même être augmenté mais pour cela il est indispensable de revoir les seuils paliers pour l'imposition ! Il faut plus de tranches et surtout des tranches intermédiaires entre 0, 14 et 30 % où l'écart est énormes. Par exemple 5, 10 , 15 , 20, 25, 30, 40, 50, 60. Et les paliers de revenus doivent être revus en conséquence. En outre, je pense qu'une exemption d'impôt sur le revenu n'est pas une solution. Je suis pour instaurer un barême linéaire pour la 1ere tranche. Pourquoi ? parce que ne pas payer d'impôt sur le revenu, ce n'est pas participer à la vie communautaire. Soyons, clair, ce n'est pas ça qui renflouera les caisses, mais c'est une question de principe : tout le monde doit participer, à hauteur de ses moyens, mais participer quand même. Quitte à compenser par une réindexation du SMIC pour compenser. Sinon les personnes exonérées, comme celles bénéficiant d'aide sans rien faire (oui il y en a, il ne faut pas se voiler la face), ont l'impression que le pays se finance tout seul ou tout du moins oublient que certains le finance à leur place....

Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous...
Augmenter le temps de travail, Revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales

S'il faut selon vous revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales, lesquelles doivent être concernées ?
Évidemment. Personne n'en peux plus (sauf ceux qui en profitent...) de se tuer à la tâche alors que beaucoup ne font rien et récoltent à la fin du mois autant d'argent public... Cette situation n'est plus tenable, tout simplement parce qu'elle crée une scission dans la société et que nous n'avons plus les moyens de l'assurer. Premièrement, le RSA ne devrait être attribué qu'en contrepartie d'un service civique, avec un nombre d'heures conséquent correspondant à un SMIC. Double intérêt : l'argent ne tombe plus du ciel pour ces personnes et cela leur redonne un temps soit peu la notion de l'argent. Deuxièmement, si l'on souhaite supprimer un certain nombre de postes de fonctionnaires, ce qui de mon point de vue est souhaitable pour l'économie du pays, cela me semble être un bon moyen de pallier le manque d'effectifs créé. Un contrôle plus important doit être mis en place. Trop de personnes en abusent et la fraude est clairement existante. Les vérifications d'obligations à rester sur le territoire pour le chômage et le RSA ne sont pas mises en applications. Je connais des gens bénéficiant de CAF+APL+RSA sans le moindre contrôle alors qu'ils ne font rien, et ça m'est insupportable. Les allocations familiales doivent être supprimées ou redistribuées différemment. Aujourd'hui c'est trop facile, certains font des enfants à la pelle, ne travaille pas donc pour faire simple, ne participe pas vraiment à la vie économique du pays, et touchent des aides à la pelle, sans contrepartie et sans rien faire... Ce n'est juste pour personne, surtout pour ceux qui financent ces aides.... Les aides sociales ne doivent plus être données ""gratuitement"" à des personnes qui ne font rien pour les mériter, alors que certains crèvent de faim et auraient bien besoin d'un coup de pouce. Le seul critère de revenus et nombre d'enfants n'est pas suffisant ! Car forcément si l'on ne travaille pas, on est à 0 de revenus et on a droit aux aides... Sauf qu'au même tarif, une mère/père célibataire fait le sacrifice de pouvoir moins s'occuper de son enfant/ ses enfants alors qu'il contribue par l'impôt et le travail à la vie du pays et au financement des aides pour les autres ! Même si en définitive il gagne un peu plus que sans travailler, à mon sens cela ne compense pas les contreparties. Encore une fois, en faisant certains calculs savants il est souvent plus rentable de ne pas travailler en France et là est le réel problème du chômage notamment En définitive, les allocations familiales doivent purement et simplement être supprimées telles qu'elles existent, et redistribuées sous d'autres formes et sans prendre en compte uniquement le critère de revenus mais aussi celui du travail : Pour cela, elles pourraient être attribuées sous la forme de réduction d'impôt sur le revenu ou de ""bonus d'impôt"" pour les revenus les plus faibles. AUtres possibilités : aides sur les frais de scolarité (pour les élèves assidus et respectueux des professeurs...), aides à la garde d'enfants. Stop à l'assistanat des fainéants, et aidons les personnes qui travaillent et pourtant ne s'en sortent pas !

Quels sont les domaines prioritaires où notre protection sociale doit être renforcée ?
L'accès à la garde d'enfants facilitée et encouragée (aides CAF), pour permettre à tous de pouvoir travailler et donc dynamiser le pays. A l'heure actuelle, il est souvent plus ""rentable"" financièrement de ne pas travailler pour garder son enfant à cause notamment du manque de place de crèche, ou des tarifs. De surcroît pour les cadres qui de fait passe en derniers dans les priorités, payent plus que les autres et ont moins d'aides de la CAF (3 coups de massues d'un coup). Tout le monde perd de cette situation, que ce soit les entreprises que l'Etat. A l'inverse les chômeurs sont prioritaires, ont plus d'aides et payent moins. On marche un peu sur la tête.... Encourageons ceux qui travaillent et font des sacrifices !!!

Pour quelle(s) politique(s) publique(s) ou pour quels domaines d'action publique, seriez-vous prêts à payer plus d'impôts ?
Garde d'enfants, crèches

Y a-t-il d'autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Les gratifications et retraites diverses des ministres et autres personnes d'Etat sont scandaleuses et indécentes. Il ne faut pas s'étonner de la scission entre le ""peuple"" et les politiques ... Quand on voit qu'une ministre/député/+autres peut toucher 10- 20000 euros par mois rien qu'en retraites cumulées et autres gratifications post-mandats, ça donne la nausée à quiconque travaille et voit le peu d'argent qui lui reste en fin de mois. Certes ces personnes ont travaillé pour le pays, mais comme tout un chacun (qui travaille). Quand je quitte un CDD, je n'ai pas le droit à une retraite à vie pour autant à ce que je sache ! Pourquoi est-ce différents pour les figures politiques. Encore, le président ça se comprend, mais tous les ministres, sénateurs et autres c'est du grand n'importe quoi ! Réduire le nombre d'élus c'est bien, mais c'est surtout supprimer toutes ces inepties qu'il faut mettre en place. Cela attirera peut-être un peu plus d'élus de conviction plutôt que des personnes juste là pour faire de l'argent ! Les rémunérations des politiques (président/ministres/députés/sénateurs) ne me choquent pas outre mesure car ce sont des postes à responsabilités qui méritent compensation. Néanmoins les gratifications compensatoires et tous les à-côtés (frais de voiture/logements/etc) restent exagérés, surtout lorsque beaucoup ne siègent même pas dans l'hémicycle. Personnellement quand je ne travaille pas, on me déduit le salaire en conséquence.... Bref, appliquons aux politiques les mêmes règles qu'aux gens du peuple ! Qu'ils touchent une rémunération importante, en adéquation avec leur fonction, d'accord, mais stop aux à-côtés démesurés et aux retraites ou compensations en tout genre, post-mandat, qui n'ont pas lieu d'être et coûtent des sommes énormes à l'Etat et donc au peuple.


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