Quel est aujourd'hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l'environnement ?
Les dérèglements climatiques (crue, sécheresse)
Que faudrait-il faire selon vous pour apporter des réponses à ce problème ?
La situation est catastrophique. Il ne faut pas décorréler les problèmes. Le dérèglement climatique est sans doute la priorité. Mais, la perte de la biodiversité ou l'érosion du littoral sont, en partie, liés à ce dérèglement. La croissance de notre économie (agriculture, transports, industrie, service ...) est complètement corrélée à la consommation d'énergie fossile. Cette énergie a été abondante, peu chère et très efficace (1 litre d'essence représente environ 10 Kwh d'énergie, c'est l'équivalent de 2 hommes « esclaves » travaillant une journée). Cette énergie bon marché est physiquement irremplaçable. Aucune énergie renouvelable ne pourra nous offrir le même niveau d'efficacité et de modularité (i.e. c'est pratique d'embarquer 40 litres d'essence donc 80 « esclaves » dans le réservoir de ma voiture). Dès lors, nos économies sont condamnées à décroitre énergétiquement. Pour autant, si nous gérons cette limite physique avec bon sens, coopération et bienveillance, nous pouvons décroitre énergétiquement tout en assurant une qualité de vie en croissance. Une rupture radicale est nécessaire. L'équation est très complexe. Car, nous n'avons plus le temps. Il faut tout changer d'ici 5 à 10 ans. Néanmoins, il faut que la rupture puisse être acceptée politiquement par nos sociétés. Cette politique peut se décomposer selon 5 axes : 1) Réduire drastiquement la consommation d'énergie fossile : communication massive concernant la réduction des dépenses énergétiques, taxe carbone ou quota carbone (applicable à tous les usages industrie, transport aérien, routier ...), interdiction progressive d'usage du gaz (A noter qu'il n'est pas normal que nous continuons à encourager l'usage de gaz alors que nous savons déjà que les ressources disponibles en Europe vont fortement décroitre) et du fioul pour le chauffage domestique d'ici 2030, arrêt des centrales thermiques, interdiction progressive des voitures thermiques en ville d'ici 2030 et globalement d'ici 2040, réduction de la vitesse maximale à 110 KM/h sur autoroute, bridage des véhicules à 130 Km/h, déploiement rapide de petits véhicules basse consommation ( < 2 l/100 km ou électrique), investissement massif vers le réseau ferré et arrêt des lignes aériennes intérieures desservies par le train à grande vitesse, rénovation énergétique des logements. 2) Promouvoir une énergie bas carbone : Les énergies renouvelables sont utiles, mais pas suffisantes. Un recours massif aux énergies renouvelables nécessite des investissements massifs. Et, nous aurons besoin de garder des énergie pilotables tel que le thermique pour faire face, par exemple, au manque de vent et de soleil. Dans le cas contraire, il faudrait réduire massivement notre consommation et accepter de moduler notre usage selon la disponibilité de l'énergie. Nos sociétés ne sont hélas pas prêtes politiquement et économiquement à cette rupture. A court terme, il faut continuer à déployer de l'énergie nucléaire. C'est une approche réaliste. C'est une énergie très peu carbonée. Et, en France, que cela nous plaise ou non, le parc nucléaire existe et il est sera bien nécessaire d'assurer sa maintenance. Il est alors impératif de maintenir des compétences afin d'assurer la sécurité de ces installations. Il faut d'ailleurs noter que les énergies renouvelables ne sont pas si écologiques. Car, elles consomment des surfaces naturelles considérables pour déployer des panneaux solaires, des éoliennes ou des barrages et mettent en péril la faune et la flore. Sur une vision long terme, il faut sans doute mener un débat concernant la sortie du nucléaire. Mais, ce n'est pas la priorité du moment. La seule énergie « écologique » est celle que nous ne consommons pas. 3) Réduire et stocker les gaz à effets de serre : Relocaliser au maximum les besoins et service en lien avec les propositions 1 et 2, taxer les importations carbonées à l'échelle européenne, développer la séquestration de carbone dans les forêts européennes, assurer le passage à une agriculture durable (qualité plutôt que quantité, réduction du gaspillage, juste rémunération des agriculteurs et éleveurs, application de chartes respectueuses de l'environnement). 4) Assurer un accompagnement économique et social : aide à la rénovation énergétique, chèque énergie ou quota énergie pour aider les plus fragiles d'entre nous à gérer la transition, offres de transport décarboné (selon les besoins : vélos, bus, métro, trains ...), aide à la relocalisation (limitation de la distance domicile travail), développement massif des emplois de proximité (nous aurons besoin d'artisans, d'agriculteurs, de commercants, de petites usines pour remplacer tous les produit importés aujourd'hui depuis l'autre bout de la planète …), développement de l'économie circulaire, nationalisation des infrastructures participant au biens communs (route, rail, énergie …). 5) Se doter d'outils politiques, juridiques et financiers au frontières européennes : assouplissement des règles de la concurrence européenne pour la gestion des infrastructures participant au biens communs, banque climat/énergie européenne, assouplissement du pacte de stabilité européen pour le développement du patrimoine lié à la transition énergétique, définition de règles constitutionnelles et juridiques contraignantes concernant la préservation de l'environnement. Accompagnement politique de la transition avec des messages clairs concernant les enjeux, les risques, les solutions proposées, les efforts à consentir et les bénéfices envisagés. Support aux pays émergents et notamment l'Afrique. Taxation carbone progressive des échanges internationaux.
Diriez-vous que votre vie quotidienne est aujourd'hui touchée par le changement climatique ?
Oui
Si oui, de quelle manière votre vie quotidienne est-elle touchée par le changement climatique ?
vague de chaleurs, végétation dégradée, anxiété par rapport au changement en cours et l'absence de réaction sérieuse.
À titre personnel, pensez-vous pouvoir contribuer à protéger l'environnement ?
Oui
Si oui, que faites-vous aujourd'hui pour protéger l'environnement et/ou que pourriez-vous faire ?
Je limite mes déplacements en voiture et en avion. J'utilise le vélo. Je trie mes déchets. J'essaie de limiter ma consommation d'énergie, le gaspillage ... Mais, tout cela est très insuffisant par rapport aux enjeux.
Qu'est-ce qui pourrait vous inciter à changer vos comportements comme par exemple mieux entretenir et régler votre chauffage, modifier votre manière de conduire ou renoncer à prendre votre véhicule pour de très petites distances ?
Je le fais déjà.
Quelles seraient pour vous les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier pour vous inciter à changer vos comportements ?
J'ai juste besoin d'un élan collectif pour aller encore plus loin.
Par rapport à votre mode de chauffage actuel, pensez-vous qu'il existe des solutions alternatives plus écologiques ?
Oui
Si oui, que faudrait-il faire pour vous convaincre ou vous aider à changer de mode de chauffage ?
Une aide technique et financière pour faire le meilleur choix.
Avez-vous pour vos déplacements quotidiens la possibilité de recourir à des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle comme les transports en commun, le covoiturage, l'auto-partage, le transport à la demande, le vélo, etc. ?
Oui
Si oui, que faudrait-il faire pour vous convaincre ou vous aider à utiliser ces solutions alternatives ?
Je le fais déjà (vélo).
Et qui doit selon vous se charger de vous proposer ce type de solutions alternatives ?
L'état et les collectivités locales doventt aider à déployer ces solutions.
Que pourrait faire la France pour faire partager ses choix en matière d'environnement au niveau européen et international ?
Montrer l'exemple puis proposer un plan énergie/climat (voir https://www.pacte-climat.net/en/ ou http://decarbonizeurope.org/).
Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La situation est catastrophique. Il ne faut pas décorréler les problèmes. Le dérèglement climatique est sans doute la priorité. Mais, la perte de la biodiversité ou l'érosion du littoral sont, en partie, liés à ce dérèglement et agissent aussi sur notre capacité à vivre. La croissance de notre économie (agriculture, transports, industrie, service ...) est complètement corrélée à la consommation d'énergie fossile. Cette énergie a été abondante, peu chère et très efficace (1 litre d'essence représente environ 10 Kwh d'énergie, c'est l'équivalent de 2 hommes « esclaves » travaillant une journée). Cette énergie bon marché est physiquement irremplaçable. Aucune énergie renouvelable ne pourra nous offrir le même niveau d'efficacité et de modularité (i.e. c'est pratique d'embarquer 40 litres d'essence donc 80 « esclaves » dans le réservoir de ma voiture). Dès lors, nos économies sont condamnées à décroitre énergétiquement. Pour autant, si nous gérons cette limite physique avec bon sens, coopération et bienveillance, nous pouvons décroitre énergétiquement tout en assurant une qualité de vie en croissance. Une rupture radicale est nécessaire. L'équation est très complexe. Car, nous n'avons plus le temps. Il faut tout changer d'ici 5 à 10 ans. Néanmoins, il faut que la rupture puisse être acceptée politiquement par nos sociétés. Cette politique peut se décomposer selon 5 axes : 1) Réduire drastiquement la consommation d'énergie fossile : communication massive concernant la réduction des dépenses énergétiques, taxe carbone ou quota carbone (applicable à tous les usages industrie, transport aérien, routier ...), interdiction progressive d'usage du gaz (A noter qu'il n'est pas normal que nous continuons à encourager l'usage de gaz alors que nous savons déjà que les ressources disponibles en Europe vont fortement décroitre) et du fioul pour le chauffage domestique d'ici 2030, arrêt des centrales thermiques, interdiction progressive des voitures thermiques en ville d'ici 2030 et globalement d'ici 2040, réduction de la vitesse maximale à 110 KM/h sur autoroute, bridage des véhicules à 130 Km/h, déploiement rapide de petits véhicules basse consommation ( < 2 l/100 km ou électrique), investissement massif vers le réseau ferré et arrêt des lignes aériennes intérieures desservies par le train à grande vitesse, rénovation énergétique des logements. 2) Promouvoir une énergie bas carbone : Les énergies renouvelables sont utiles, mais pas suffisantes. Un recours massif aux énergies renouvelables nécessite des investissements massifs. Et, nous aurons besoin de garder des énergie pilotables tel que le thermique pour faire face, par exemple, au manque de vent et de soleil. Dans le cas contraire, il faudrait réduire massivement notre consommation et accepter de moduler notre usage selon la disponibilité de l'énergie. Nos sociétés ne sont hélas pas prêtes politiquement et économiquement à cette rupture. A court terme, il faut continuer à déployer de l'énergie nucléaire. C'est une approche réaliste. C'est une énergie très peu carbonée. Et, en France, que cela nous plaise ou non, le parc nucléaire existe et il est sera bien nécessaire d'assurer sa maintenance. Il est alors impératif de maintenir des compétences afin d'assurer la sécurité de ces installations. Il faut d'ailleurs noter que les énergies renouvelables ne sont pas si écologiques. Car, elles consomment des surfaces naturelles considérables pour déployer des panneaux solaires, des éoliennes ou des barrages et mettent en péril la faune et la flore. Sur une vision long terme, il faut sans doute mener un débat concernant la sortie du nucléaire. Mais, ce n'est pas la priorité du moment. La seule énergie « écologique » est celle que nous ne consommons pas. 3) Réduire et stocker les gaz à effets de serre : Relocaliser au maximum les besoins et service en lien avec les propositions 1 et 2, taxer les importations carbonées à l'échelle européenne, développer la séquestration de carbone dans les forêts européennes, assurer le passage à une agriculture durable (qualité plutôt que quantité, réduction du gaspillage, juste rémunération des agriculteurs et éleveurs, application de chartes respectueuses de l'environnement). 4) Assurer un accompagnement économique et social : aide à la rénovation énergétique, chèque énergie ou quota énergie pour aider les plus fragiles d'entre nous à gérer la transition, offres de transport décarboné (selon les besoins : vélos, bus, métro, trains ...), aide à la relocalisation (limitation de la distance domicile travail), développement massif des emplois de proximité (nous aurons besoin d'artisans, d'agriculteurs, de commerçants, de petites usines pour remplacer tous les produit importés aujourd'hui depuis l'autre bout de la planète …), développement de l'économie circulaire, nationalisation des infrastructures participant au biens communs (route, rail, énergie …). 5) Se doter d'outils politiques, juridiques et financiers au frontières européennes : assouplissement des règles de la concurrence européenne pour la gestion des infrastructures participant au biens communs, banque climat/énergie européenne, assouplissement du pacte de stabilité européen pour le développement du patrimoine lié à la transition énergétique, définition de règles constitutionnelles et juridiques contraignantes concernant la préservation de l'environnement. Accompagnement politique de la transition avec des messages clairs concernant les enjeux, les risques, les solutions proposées, les efforts à consentir et les bénéfices envisagés. Support aux pays émergents et notamment l'Afrique. Taxation carbone progressive des échanges internationaux.
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