Quel est aujourd'hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l'environnement ? [Autres]
Décroissance immédiate des énergies carbonnées
Que faudrait-il faire selon vous pour apporter des réponses à ce problème ?
Développement des énergies non carbonées et recherche de moyens de stockages massifs d'électricité
Diriez-vous que votre vie quotidienne est aujourd'hui touchée par le changement climatique ?
Non
À titre personnel, pensez-vous pouvoir contribuer à protéger l'environnement ?
Oui
Si oui, que faites-vous aujourd'hui pour protéger l'environnement et/ou que pourriez-vous faire ?
Renforcer l'isolation thermique de mon habitation
Qu'est-ce qui pourrait vous inciter à changer vos comportements comme par exemple mieux entretenir et régler votre chauffage, modifier votre manière de conduire ou renoncer à prendre votre véhicule pour de très petites distances ?
Développement du train électrifié
Par rapport à votre mode de chauffage actuel, pensez-vous qu'il existe des solutions alternatives plus écologiques ?
Oui
Si oui, que faudrait-il faire pour vous convaincre ou vous aider à changer de mode de chauffage ?
Des subventions
Avez-vous pour vos déplacements quotidiens la possibilité de recourir à des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle comme les transports en commun, le covoiturage, l'auto-partage, le transport à la demande, le vélo, etc. ?
Je n'utilise pas la voiture pour des déplacements quotidiens
Si non, quelles sont les solutions de mobilité alternatives que vous souhaiteriez pouvoir utiliser ? [Autres]
Marche à pied
Et qui doit selon vous se charger de vous proposer ce type de solutions alternatives ?
La préfecture
Que pourrait faire la France pour faire partager ses choix en matière d'environnement au niveau européen et international ?
Développer l'énergie nucléaire
Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Lors de la campagne électorale, suite un accord avec les Verts, François Hollande avait annoncé son engagement de faire chuter de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité à l’horizon 2025. Ségolène Royal a décidé de fermer la centrale de Fessenheim quinze jours avant le premier tour de l’élection présidentielle de 2017afin de tenir la promesse faite par François Hollande. Cette décision a été prise sans tenir compte de l’avis de l’Académie des Sciences, ni de celui de l’Académie des Technologies, en contradiction avec l’avis du GIEC et de plusieurs scientifiques qui jugent irréaliste la baisse de la production d’électricité d’origine nucléaire. Du fait de l’intermittence des énergies renouvelables et de l’impossibilité de stocker massivement l’énergie électrique, il faudra faire appel à des énergies carbonées pour assurer une production suffisante d’électricité. Jean Marc Jancovici a démontré l’impossible pari de remplacer l’énergie d’origine nucléaire par des énergies renouvelables. La seule politique raisonnable consiste à prolonger la vie des réacteurs qui fonctionnent de façon satisfaisante et permanente. Continuer à développer les énergies renouvelables alors que le problème du stockage de l’électricité n’est pas résolu est une hérésie, il serait en revanche important de lancer des recherches pour augmenter la durée de vie de ces énergies et surtout pour réduire la quantité de terres rares nécessaires au fonctionnement des éoliennes. L’énergie nucléaire est un moyen de production massive d’électricité qui est pilotable et qui ne contribue pas au réchauffement climatique ni à la pollution de l’atmosphère. Le charbon autre moyen de production massive d’électricité présente l’inconvénient de relâcher dans l’environnement de grandes quantités de CO2, mais aussi des oxydes d’azote et de soufre, des particules fines et des composés organiques toxiques qui provoquent beaucoup plus de décès que le nucléaire lors de l’accident de Tchernobyl. Au contraire de l’énergie nucléaire qui produit des déchets extrêmement radioactifs, le charbon produit d’énormes quantités de déchets difficiles à gérer. Il est curieux que l’ADEME financé par l’Etat ne soit pas objective et émette des rapports qui attirent de sévères critiques d’organismes compétents. Ce n’est pas étonnant de la part d’un organisme dirigé par un ancien « Verts » et sous la tutelle d’un Ministère dirigé depuis des décennies par des écologistes. Il serait temps de mettre à la tête de ce Ministère et de l’ADEME des personnes compétentes et objectives. L’hydrogène est un vecteur énergétique et non pas une source d'énergie car il n'existe pratiquement pas à l'état naturel. Le procédé le plus courant de fabrication de l'hydrogène est le reformage du gaz naturel par de la vapeur d'eau surchauffée, ce procédé présente l’inconvénient de produire du CO2. L’hydrogène est aussi fabriqué par électrolyse de l'eau. Le rendement est de 50 % pour obtenir de l’hydrogène sous pression à 700 bars et de 40% pour obtenir de l’ l’hydrogène liquide. Son stockage est difficile et surtout son large domaine d’inflammabilité le rend très dangereux. L’expérience MYRTE conduite en Corse n’est pas concluante pour le stockage d’énergie, et n’est pas pertinente pour la production d’électricité, du fait du coût prohibitif de stockage de cette énergie. Le gouvernement s’abrite derrière la loi de transition énergétique pour promouvoir les véhicules à essence au détriment des véhicules diesels. La fiscalité dite « écologique » est indexée sur les émissions de CO2, le gouvernement favoriserait les véhicules à essence plus émetteurs de ce gaz afin d’augmenter les rentrées fiscales. PPE et respect des accords de Paris Pour des raisons « bassement » électorales, les « Verts » incitent le gouvernement à arrêter 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035 pour les remplacer par des énergies renouvelables intermittentes. Le doublement du coût du kWh depuis les années 2000 est dû aux taxes, en particulier à la CSPE qui sert essentiellement à financer les énergies intermittentes. Les subventions à l’éolien et au photovoltaïque coûtent chaque année à la France 2 réacteurs EPR. Plusieurs organismes ont élaboré pour la France des scénarios de transition énergétique, parmi les plus connus, Negawatt et Negatep. Le scénario Negawatt préconise que 90% de nos besoins soient assurés en 2050 par les énergies renouvelables essentiellement grâce à la biomasse, à l’éolien et au photovoltaïque. Un recours temporaire au gaz permettrait de fermer progressivement la totalité des réacteurs nucléaires. Un tel scénario envisage une production éolienne de 209 TWh en 2050, contre 15 TWh en 2012, les problèmes d’intermittence étant réglés par la production d’hydrogène et de méthane. Ce scénario est irréaliste D’autant plus qu’il faudrait réduire la demande en énergie primaire de 66% alors que la population augmenterait de 15%. Cette réduction devrait venir de l’efficacité et de la sobriété énergétique. Le scénario Negatep prévoit une division par 4 des rejets de CO2 malgré une baisse de seulement 18 % de la consommation d'énergie finale. Les énergies fossiles seraient très largement remplacées par les énergies renouvelables et le nucléaire capables de produire de l'électricité décarbonée dont la production augmenterait de 61%. Aucun scénario ne prétend qu'il soit possible de remplacer les énergies fossiles et nucléaires par des renouvelables sans une diminution drastique de la consommation. Tous les scénarios préconisent une baisse de la consommation d'énergie malgré une hausse de la population en misant sur l'efficacité énergétique dont l'importance est donc cruciale. L’efficacité énergétique fait l’unanimité puisqu’il s’agit de consommer moins à service rendu égal. La sobriété énergétique est beaucoup plus complexe à développer car elle implique des changements considérables de modes de vie et d’organisation de la société. En 2011, l’Allemagne a décidé d’arrêter progressivement ses réacteurs nucléaires et de compenser la production d’électricité avec des énergies renouvelables. De 1995 à 2014, l'Allemagne a investi 350 milliards d'euros dans des éoliennes, panneaux solaires, méthaniseurs et modifications du réseau électrique, pour faire passer de 4 à 26 % la part de sa production électrique provenant de sources renouvelables. Or cet investissement n'a pas changé l'évolution des émissions de CO2 de l'Allemagne, ni sa dépendance à l'énergie fossile importée. La production d'électricité renouvelable a fortement augmenté depuis les années 1990. De 20 milliards de kilowattheures électriques renouvelables produits en 1996 (soit 4 % de la production allemande), essentiellement à partir de barrages, l'Allemagne est passée à un peu plus de 150 en 2014, dont environ 24 d'hydroélectricité, 55 d'éolien, 35 de solaire, et 35 à partir de méthaniseurs. Pour arriver à ce résultat, les Allemands ont installé, à fin 2014, une puissance de 38 gigawatts en solaire, 40 en éolien, de l'ordre de 9 en biogaz, et un peu plus de 4 en hydraulique, soit plus de 90 gigawatts. La capacité nucléaire française est de l'ordre de 65 gigawatts qui produisent un peu plus de 400 térawattheures d'électricité par an, quand les 90 gigawatts de renouvelables allemands ne produisent « que » 150 térawattheures d'électricité sur la même durée. Par gigawatt installé, le nucléaire produit donc environ 4 fois plus que les renouvelables installées chez nos voisins. Aux États-Unis, les réacteurs nucléaires ont un facteur de charge de 90 % environ, car ils tournent toute l'année. En France, ces mêmes réacteurs sont plus proches de 70 à 75 %, car une partie de leur puissance ne sert que l'hiver. En Allemagne, ce facteur de charge baisse énormément : pour l'éolien, il varie entre 15 et 20 %, selon les années. Pour le solaire, ce facteur dépend beaucoup de la latitude il est légèrement inférieur à 10 % en Allemagne. Enfin pour le biogaz, le facteur de charge est plus proche de 60 %. Mais, comme le solaire et l'éolien dominent largement dans les capacités nouvelles en Allemagne, la moyenne pour l'ensemble du parc renouvelable est descendue de 40 à 20 % entre 1996 et 2014. On devrait donc s'attendre à ce que la production faite avec le reste ait baissé, et en particulier la production à base de combustibles fossiles puisque le développement des renouvelables est vu comme un moyen de faire baisser les émissions de CO2. Il n’en est rien Une première explication de ce paradoxe est qu'une bonne partie de la hausse des renouvelables est venue en plus de la production préexistante, et n'a donc rien substitué du tout. La deuxième raison est due au fait que la production allemande renouvelable supplémentaire a servi à baisser le nucléaire. La baisse du nucléaire a donc été considérée comme prioritaire sur la baisse du charbon. L'histoire devra juger pourquoi nos voisins ont préféré diminuer le recours à une énergie qui présente des risques qui restent minimes et localisés, au profit d'une énergie qui disperse dans l’atmosphère massivement du CO2, différents polluants et des particules fines. Dans certaines régions d’Allemagne, des villages sont déplacés pour permettre l’extraction du charbon et du lignite. L’électricité produite par les EnRI doit être utilisée immédiatement car les possibilités de stockage sont négligeables quand le vent ne souffle pas et quand le soleil ne brille pas. Le réseau ne peut donc pas être alimenté uniquement à partir d’énergies renouvelables sans l’approvisionnement de sources stables et pilotables alimentées par des énergies fossiles ou par… du nucléaire acheté en France. La restructuration du système électrique belge, de manière générale, et du mix électrique, en particulier, agite beaucoup le monde politique belge ces derniers temps. Alors que les centrales nucléaires n’émettent pas plus, voire moins, de gaz à effet de serre (GES) que la production éolienne ou photovoltaïque sur un cycle complet de vie et que, d’autre part, la roadmap 2050 de la Commission européenne prévoit toujours, à cette échéance, du nucléaire dans le parc électrique européen, le gouvernement belge a décidé, de sortir de cette forme de génération d’électricité entre 2022 et 2025. Les conséquences néfastes d’un mix électrique sans nucléaire, viendraient s’ajouter aux dysfonctionnements causés par la priorité d’accès aux réseaux électriques concédée au renouvelable intermittent ainsi qu’aux subventions généreuses et autres avantages qui leur ont été accordés. La sortie totale du nucléaire ne se justifie ni par des raisons technique ou économique, ni d’un point de vue politique. D’autre part, sans capacité nucléaire, l’importation d’électricité va augmenter, soit en provenance de la France (essentiellement nucléaire) ou de l’Allemagne (principalement à partir de charbon et de lignite), donc des modes de production dont le gouvernement belge ne veut plus. Quelle est dès lors la logique qui sous-tend la dénucléarisation de la génération d’électricité? La sortie du nucléaire n’est pas non plus pertinente d’un point de vue économique. La pénétration croissante de l’éolien et du photovoltaïque et la fermeture des centrales nucléaires entraînent un gonflement du prix de l’électricité et partant une diminution de la compétitivité des entreprises et du pouvoir d’achat des ménages ainsi que de la sécurité d’approvisionnement électrique. Cette forte augmentation du prix de l’électricité résulte d’un certain nombre de facteurs dont: - le coût de la construction de nouvelles centrales au gaz indispensables pour assurer l’équilibre du système. - de rémunération pour convaincre les producteurs d’électricité d’investir dans de nouvelles centrales au gaz qui sont très loin d’être rentables si elles ne sont destinées qu’à compenser l’intermittence des énergies renouvelables - du coût de stockage d’électricité essentiel pour mitiger les fluctuations de la génération renouvelable au-delà d’un certain niveau de pénétration - du coût de renforcement et d’extension des infrastructures de transmission et de distribution d’électricité requis, entre autres, par la dispersion de la production renouvelable; - et, bien entendu, des subventions accordées au renouvelable. Imaginer que la consommation d'électricité pourrait décroitre est peu crédible. Prendre d'ores et déjà cette décroissance pour un fait acquis dans le dimensionnement de notre parc électrique est irresponsable. L'électricité ne représente cependant que 23 % de la consommation finale d'énergie en France, penser qu’elle peut décroitre est irréaliste, la production d’électricité d’origine renouvelable ou nucléaire doit croitre pour se substituer à celle produite par les énergies carbonées. De plus le développement même très progressif de la voiture électrique, l’essor de l'économie digitale qui pèsera plus de 20 % de la consommation mondiale d'électricité en 2020, le remplacement du chauffage au fioul par des pompes à chaleur… nécessiteront également un accroissement de la production d’électricité. Enfin, l'intermittence des énergies renouvelables en expansion exige une production pilotable d’électricité qui ne peut provenir que des énergies hydraulique ou nucléaire, si on exclut les énergies carbonées émettrices de C02. Car le développement de l'intermittence implique l'augmentation des moyens pilotables dédiés au lissage de sa production. En France, le choix ne réside qu'entre de nouvelles centrales thermiques ou l'asservissement du parc nucléaire aux caprices de la production éolienne, lui imposant des régimes chaotiques et à coups de fonctionnement, ainsi que c'est déjà le cas lors des records éoliens. Ce qui accélère le vieillissement des composants des centrales, ainsi qu'une perte de rentabilité, pour un avantage sur lequel il est permis de s'interroger. Les énergies renouvelables se sont pourtant révélées parfaitement inefficaces pour atteindre les trois objectifs qui leur étaient assignés : réduire l’impact environnemental, renforcer la sécurité d’approvisionnement, et maîtriser les coûts. Avec 500 milliards de kWh produits chaque année en France, les batteries resteront à jamais hors de portée pour du stockage d'une saison à l'autre, ce qui serait nécessaire car l'hiver la consommation augmente plus que la production de renouvelables. Malgré la multiplication de démonstrateurs hors de prix, aucune avancée technologique ne permet d’espérer stocker massivement l’énergie pour un coût acceptable par la collectivité. Ce stockage reste pourtant indispensable pour que les énergies intermittentes confèrent une valeur ajoutée au parc électrique français. C'est la flexibilité unique au monde qui a permis à notre parc électrique de réduire à l'extrême le recours aux centrales thermiques. Et c'est grâce à ce parc nucléaire que la Commission européenne attribue à la France une indépendance énergétique bien supérieure à celle de ses voisins, et notamment à celle de l'Allemagne. L'objectif de 50 % de nucléaire dans la production d'électricité - contre 75 % actuellement est né pendant la campagne présidentielle de François Hollande en 2012. Ce chiffre n'a été précédé d'aucune analyse sérieuse n’a tenu aucun compte de l’avis de l’Académie des sciences ou de l’Académie des technologies ou de la Cour des comptes. Cet objectif a été émis uniquement pour des motifs de basse politique. Le 28 mars 1979 est survenu l’accident de Three Mile Island, centrale située, à 15 km d’Harrisburg, une ville de 60.000 habitant. Malgré la fusion partielle du cœur l’enceinte de confinement a tenu son rôle, la quasi-totalité de la radioactivité est restée contenue à l’intérieur du bâtiment réacteur. Et pourtant, cet accident n’a causé aucune victime et le seul relâchement de radioactivité dans l’environnement n’a consisté qu’en une émission de gaz rares sans activité biologique. Tous les réacteurs du monde ont profité des enseignements tirés de l’accident de TMI2. La prise en compte de ces leçons a réduit d’un facteur 10 le risque de fusion de cœur dans les réacteurs occidentaux « de deuxième génération » La centrale de Tchernobyl comptait quatre réacteurs de type RBMK de conception soviétique. Ce modèle de réacteur est modéré au graphite et est refroidi à l'eau. Le combustible est de l'oxyde d'uranium enrichi à 2% en 235U. Les spécialistes jugent que ce réacteur comportait des défauts de conception qui le rendait potentiellement dangereux car le cœur du réacteur est instable en dessous de 700 MWth, c'est-à-dire à faible puissance. Du fait de son instabilité à faible puissance le réacteur, suite à des essais périlleux, le réacteur s’est emballé et a atteint une puissance de l'ordre de 100 fois sa valeur nominale provoquant la vaporisation de l’eau refroidissant le réacteur et produit une explosion de chaleur qui détruit le réacteur. Les 600 tonnes de graphite du cœur, s'enflamment. L’intensité d'incendie et l'absence d'enceinte de confinement favorisent la dispersion dans l'atmosphère de grandes quantités de produits radioactifs. Le principal effet détecté des rejets radioactifs est l'augmentation des cancers de la thyroïde, en particulier, chez les enfants et les adolescents. Des études internationales sont en cours pour quantifier les risques de leucémies chez les liquidateurs. On estime que 3 000 des 600 000 personnes ayant travaillé au contact direct de la centrale mourront des suites de l'exposition aux radiations. Cet accident a été exploité par les adversaires du nucléaire alors que ce réacteur n’a rien de commun avec les réacteurs en service en France. Le nuage radioactif est encore évoqué, entraîné par les masses d'air jusqu'à dix mille mètres d'altitude et dérivant au gré des vents, a disséminé sur la plupart des pays d'Europe des produits radioactifs. Il est à noter que malgré un important relâchement de produits radioactifs dans l’atmosphère, la radioactivité due à l’accident de Tchernobyl est très inférieure à celle dégagée lors des essais nucléaires aériens effectués de 1945 à 1980. En deçà d’une certaine distance de Tchernobyl, l'impact sanitaire dû à l’accident est naturellement plus important que l'impact des essais. Mais, au-delà de cette distance, la retombée de l'accident devient rapidement négligeable devant la retombée globale due à la totalité des essais nucléaires aériens. L'accident nucléaire de Fukushima est un accident industriel majeur qui a débuté le 11 mars 2011 au Japon, à la suite d’un séisme de force 9 et d’un tsunami en résultant d’une violence exceptionnelle. Il s'agit de la plus grave catastrophe nucléaire du 21eme siècle, classée au niveau 7, le plus élevé sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986), en particulier par le volume important des rejets radioactifs. Quatre centrales nucléaires se situent sur la côte nord orientale et se sont arrêtées automatiquement à la suite des premières secousses : les centrales de Fukushima Daiichi, de Fukushima Daini, d’Onagawa et de Tokai. La détection des premières secousses provoque l'arrêt des réacteurs 1, 2 et 3 Fukushima Daiichi (soit 30 secondes avant les secousses principales qui ont duré près d’une minute). Le tremblement de terre entraine la destruction des six lignes d’alimentations électriques externes des réacteurs et le démarrage des douze groupes électrogènes de secours à moteur diesel pour faire fonctionner des pompes de refroidissement. Cinquante-et-une minutes après la première secousse, la première vague du tsunami, d'une hauteur de 15 mètres, atteint la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Elle est suivie de plusieurs autres vagues de moindre importance. Le tsunami a eu pour conséquences une dégradation des prises d’eau en mer conduisant à la perte de la source froide, puis à la perte des Diesels de secours des réacteurs 1 à 4. À la suite de la perte des Diesels, un système d'ultime secours permettant de faire circuler l'eau contenue dans les tores situés en partie inférieure des bâtiments, au pied des cuves des réacteurs, s'est mis en marche puis s'est arrêté par défaillance des batteries électriques. Il n'y avait dès lors plus de moyens de refroidissement disponibles. Entre le 12 mars et le 15 mars les réacteurs 1, 3 et 2 sont successivement détruits suite à des explosions ^produites par des dégagements d’hydrogène. À partir de ce stade des rejets massifs vont se produire dans l'atmosphère et l'environnement et l'ensemble des acteurs vont devoir gérer la phase post-accidentelle : l'exploitant va tenter de refroidir les installations puis de réduire les émissions tout en n'exposant pas trop les travailleurs. Les autorités vont prendre des mesures pour tenter de protéger la population. L’accident est un accident de refroidissement comme celui survenu en 1979 à Three Mile Island aux Etats-Unis. Les réacteurs se sont arrêtés automatiquement lors du tremblement de terre et avec eux les fissions nucléaires. Mais les désintégrations radioactives continuent de dégager de la chaleur. Il est impératif de refroidir. Or le séisme de force 9 et la vague du tsunami ont endommagé et inondé les circuits de refroidissement et installations de secours, conduisant à une perte totale des alimentations électriques et des moyens de refroidissement principaux durant de longues heures. A ces pannes multiples s’ajoutent des conditions d’intervention dramatiques. Villes et villages de la côte ont été dévastés par le tsunami, les routes sont impraticables. Ce tsunami a engendré plus de 18 000 morts et disparus, des blessés et des destructions considérables. Les premières équipes doivent intervenir alors que leurs vies ont été bouleversées et que les familles sont à la recherche de proches disparus. L’accident est la preuve que les scénarios extrêmes peuvent arriver, avec la concomitance de multiples pannes. La conduite à tenir dans de telles circonstances n’avait pas été envisagée et la gestion de la crise et de ses multiples rebondissements s’est effectuée de façon approximative, On peut jeter a posteriori un regard effrayé sur cette gestion. Cependant, les dispositifs existants quoique insuffisants ont porté leur fruit et atténué l’accident. Les enceintes de confinement ont joué leur rôle ; le gros de la radioactivité est resté dans ces enceintes ; quatre jours se sont écoulés avant le principal rejet de radioactivité donnant le temps de mettre à l’abri les populations. Si les pertes en vies humaines dues à la radioactivité seront probablement minimes, les conséquences sont lourdes pour la société et l'économie japonaise. Il y a d'abord le coût humain des évacuations et des déracinements, celui des décontaminations. On a beaucoup moins parlé de la crise qui a affecté Fukushima Daini, sa centrale sœur, à environ 10 kilomètres au sud ; elle aussi a essuyé d’importants dommages, mais a échappé au sort de Daiichi. Le directeur du site, ainsi que les 400 employés de Daini ont su se frayer un chemin dans le chaos de la situation, et la centrale s’en est tirée sans fusion ni explosion. Située au nord du Japon, la centrale nucléaire d’Onagawa, la plus proche de l'épicentre du tremblement de terre et soumise à des secousses encore plus violentes, n'a pas subi de dommages majeurs car conçue avec des marges de sécurité suffisantes. La centrale d'Onagawa a enregistré des secousses sismiques qui ont dépassé sa capacité nominale, et le sous-sol de l'un de ses bâtiments des réacteurs a été inondé. Mais l'usine a maintenu sa capacité de refroidissement, ses réacteurs se sont arrêtés sans dommages à leurs cœurs ni dommages importants aux systèmes de sécurité. Tous les réacteurs du monde ont profité des enseignements tirés de l’accident de Three Mile Island. La prise en compte de ces leçons a réduit le risque de fusion de cœur dans les réacteurs de deuxième génération. L’ASN a, suite à l’accident de Fukushima, demandé à EDF d’effectuer des travaux en particulier afin de maintenir une alimentation en eau et en électricité pérenne des réacteurs en cas de forts séismes ou d’importantes inondations, diminuant ainsi fortement le risque d’accident. La France devrait suivre l’exemple des Etats Unis où 81 des 99 réacteurs évoqués ont déjà obtenu le droit de poursuivre leur exploitation jusqu’à 60 ans, et pourraient étendre leur durée d’exploitation de 60 à 80 ans. Selon des chercheurs de la NASA, l'énergie nucléaire pourrait avoir sauvé 1,8 million de vies autrement perdues à cause des combustibles fossiles, et pourrait en sauver jusqu'à 7 millions de plus au cours des quatre prochaines décennies. Dans tous secteurs industriels de nombreux accidents se produisent, industrie chimique, rupture de barrages, exploitation et transport d’hydrocarbures, extraction et exploitation du charbon… Souvent ces accidents majeurs ne sont pas dus à une cause extérieure comme ce fut le cas à Fukushima, en revanche elles ont pu être déclenchées par des actions malveillantes. Dans certains cas, comme à Bhopal le nombre de décès immédiats et postérieurs à l’accident est très élevé. Ces accidents à l’instar de Tchernobyl et Fukushima occasionnent également dans certains cas de grands dommages à l’environnement (marées noires, mines de charbon). Pourtant malgré les nombreuses victimes dus à des accidents ou à des pollutions majeures comme c’est le cas pour l’extraction et la combustion du charbon ou du lignite, les écologistes privilégient l’utilisation du charbon plutôt celle du nucléaire. L’IRSN considère à ce jour que la séparation/transmutation ne constitue pas une alternative au stockage géologique et se prononce pour le projet. Le rapport rendu public par l’ASN est une étape importante dans la validation technique du projet. Pour la grande majorité des déchets prévus dans Cigéo (plus de 80 %), l’ASN a considéré que les options de sûreté sont satisfaisantes. Les seules restrictions concernent les déchets bitumeux. Pour être acceptés dans Cigéo, ces déchets pourraient être conditionnés dans une matrice inerte. Actuellement le retraitement du combustible après séjour dans un réacteur consiste à séparer uranium et plutonium qui peuvent être réutilisés. Les éléments restants (actinides mineurs et produits de fission) sont entreposés après vitrification dans les usines de retraitement avant envoi ultérieur à Cigéo. Le recyclage des actinides mineurs permettrait de réduire notablement la quantité de déchets à vie longue, mais cette solution n’est pas envisageable à ce jour. Le recyclage nécessite une séparation préalable de ces actinides mineurs et des lanthanides du reste des produits de fission. Des essais au niveau laboratoire ont démontré la possibilité de séparer ensuite les actinides des lanthanides. Les actinides pourraient être éliminés par transmutation et les lanthanides dont le néodyme recyclés, les besoins pour ces éléments étant importants. De même pourraient être récupérés certains dans ces déchets platinoïdes rares et très onéreux (ruthénium, rhodium, palladium). L’élément de base de l’énergie nucléaire est l’uranium, si un jour les ressources en uranium venait à s’épuiser, le thorium beaucoup plus abondant, pourrait être un substitut à l’uranium, d’autant plus que des stocks de thorium existent déjà car cet élément est un sous-produit de l’extraction des terres rares. Le thorium est fertile, après passage dans un réacteur, est converti en 233U fissile. La fission de l’233U produit moins actinides que la fission de l’235U, ce qui peut être un avantage Les réacteurs à neutrons rapides (RNR) présentent plusieurs atouts déterminants vis-à-vis de la gestion des matières en complémentarité des filières existantes: • ils peuvent utiliser sans limitation le plutonium produit par les réacteurs à eau assurant une gestion pérenne; • en permettant de valoriser l’238U, ils multiplient par un facteur voisin de 100, l’énergie que l’on peut extraire d’une masse donnée d’uranium naturel. • ils ont la capacité, une fois constitué le stock nécessaire à leur démarrage, de se passer totalement d’uranium naturel. Ils n’ont besoin que d’un appoint d’238U. En France le stock d’uranium appauvri issu des opérations d’enrichissement lui assurerait une indépendance énergétique quasi inépuisable pour un parc de RNR; • le spectre des neutrons rapides ouvre aussi la possibilité de transmuter les actinides mineurs et permet une réduction de l’inventaire de ces radionucléides dans les déchets. La plupart des grands pays nucléaires s’intéressent fortement à la technologie des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium. Ainsi, l’Inde devrait mettre en service dans les prochains mois un réacteur de puissance 500 MWe, et la Russie a démarré en juin 2014 un réacteur de 800MWe. La Chine est encore en retrait, mais affiche des ambitions importantes dans le domaine. La France envisage la construction d’Astrid, un démonstrateur d’intégration technologique, d’une puissance électrique de 600 MWe environ, permettant une démonstration de sûreté et de fonctionnement à l’échelle préindustrielle de RNR-Na de 4èmegénération. L’objectif est une mise en service au cours de la décennie 2020. Il serait judicieux de ne pas tarder à lancer le projet. L’exploitation d’Astrid pendant une dizaine d’années doit ensuite permettre le déploiement de réacteurs commerciaux. La Balance commerciale de la France est déficitaire depuis des décennies et se creuse ces dernières années, qu’en serait-il pour l’approvisionnement énergétiques du pays, si le nucléaire ne se substituait pas au gaz ou au pétrole ? Suite à l’accident de Fukushima, les comptes du commerce extérieur du Japon, généralement excédentaires, ont affiché un solde négatif historique pour la période d'avril 2011 à mars 2012 du fait de l’obligation d’importer plus d’hydrocarbures suite à la diminution de la production d’énergie d’origine nucléaire. Le déficit de la balance commerciale de la France pourrait être réduit en réduisant l’achat d’hydrocarbures et en augmentant la durée de fonctionnement de nos réacteurs. Les composés organiques (à base de carbone) peuvent être synthétisés en cas de pénurie, ce fut le cas en Allemagne et Japon pour la synthèse de carburants pendant la seconde guerre mondiale. La synthèse de métaux n’est pas envisageable, il faut d’ores et déjà identifier les minerais exploitables en particulier en élargissant l'horizon géologique français qui n'est pas connu au-delà de 100 mètres de profondeur. Il est nécessaire aussi de développer le recyclage des métaux. Avant de se lancer dans des projets innovants, il faut s’assurer que ces projets sont durables. Ainsi les ressources en cobalt et en lithium sont-elles suffisantes, à des couts d’extraction acceptables, pour satisfaire la construction de voitures électriques au niveau mondial ? La France devrait s’inspirer de l'Allemagne qui a pris conscience de sa dépendance à l'égard des métaux critiques. Un petit explorateur minier a été formé par de grands groupes allemands pour découvrir et réserver des gisements futurs de ces métaux. Près de 50 % de l’énergie primaire provient des combustibles fossiles, en particulier du pétrole dont il faudra réduire la consommation pour atteindre les objectifs de la loi sur la transition énergétique. Le secteur du bâtiment pèse pour 44% dans la consommation énergétique finale française, tout secteur confondu. Le remplacement du chauffage au fioul des habitations par le chauffage électrique est un moyen drastique de réduire les rejets de CO2 dans les villes. Le chauffage au bois est une alternative pour remplacer sa chaudière au fioul, mais tout de même très polluante. La meilleure solution est les pompes à chaleur. Si elles sont relativement récentes, et à ce titre présentent encore un coût d’installation élevé, elles n’en sont pas moins le moyen le plus écologique et le plus économique pour se chauffer en France. A Marseille, deux compagnies ont équipé leurs navires d’un système d’alimentation électrique de courant à quai. Ce système, permet aux navires d’être branchés à quai 30 minutes après le débarquement des passagers et débranchés 2 heures avant l’appareillage : ainsi alimentés en électricité, le recours aux moteurs au fioul, n’est donc plus nécessaire pendant les escales. Ce système électrique innovant a permis de réduire de 30% la consommation de carburant de la flotte en un an. Les économies réalisées sont évaluées entre 2 et 4 tonnes de fioul par ferry et par escale quotidienne. Cet effort doit être poursuivi et étendu progressivement à l’ensemble des navires présents dans le port. A quai, les navires stationnant plus de deux heures non équipés d’un système d’alimentation électrique de courant à quai sont tenus de passer au diesel marin contenant un taux de 0,1% de soufre ce qui représente encore un taux 100 fois plus élevé que le diesel des voitures. Selon un institut de recherche néerlandais, l'approche la plus écologique pour un navire consiste à installer des filtres à particules et des systèmes de réduction catalytique sélective (SCR) qui convertissent les oxydes d’azote en azote et en eau. Les solutions ne sont pas seulement technologiques. Ralentissement des navires à l'entrée des ports, pilotage plus efficace et économe en carburant. A Long Beach et au port de Los Angeles, les frais de stationnement sont réduits de 25% pour récompenser la vitesse réduite à l'approche. Le trolleybus est un véhicule électrique qui ne rejette aucun gaz nocif. En prenant en compte l’impact de la production d’électricité, on peut estimer la production moyenne de CO2 d’un trolleybus à 4 g/km/voyageur contre 40 pour un autobus et 60 pour une automobile. Un trolleybus parcourt une distance supérieure de 30% à celle d’un autobus. Ainsi, le parc nécessaire en trolleybus serait inférieur de 5 à 7% à celui requis par un service en autobus. Le rendement énergétique du trolleybus s'élève à 9,8 Mégajoules/km-véhicule contre plus de 24 pour l'autobus. Autre avantage du trolleybus, notamment par rapport aux autobus électriques : il s’affranchit des batteries, qui constituent non seulement un poids mort, mais aussi de la question de leur renouvellement. Le trolleybus moderne est équipé d’un système de freinage à récupération d’énergie ce qui lui permet de réinjecter du courant dans les lignes aériennes; ainsi à Lyon, trois trolleybus descendant fournissent par la récupération l’énergie nécessaire à un véhicule montant. Dans une approche qualitative globale de l’environnement urbain, la présence de ligne aérienne est compensée par une réduction importante des nuisances sonores et olfactives ainsi que l’absence de rejets de particules. Jamais les voitures vendues sur les marchés français et européens n'ont eu autant de chevaux. La tendance est encore plus nette au niveau européen. Berceau des constructeurs de grosses cylindrées, l'Allemagne redouterait en réalité que les données d'accidentalité soient une contre-publicité pour la vitesse. Sur l'ensemble du réseau allemand, il n'y a qu'un faible tronçon de 388 km où la vitesse est libre, l'accidentalité y est trois fois plus forte que celle en France. La voiture électrique est une voiture onéreuse du fait de l’utilisation de batteries sophistiquées. Avant que son utilisation se généralise et atteigne des prix abordables, il serait judicieux, plutôt que de fabriquer des voitures inutilement performantes, d’assurer la transition en fabriquant des véhicules fonctionnant avec une très faible consommation de carburants et si possible de biocarburants. Alors qu’en France aucun véhicule particulier n’est censé dépasser la vitesse de 130 km/h, les constructeurs offrent des véhicules qui sont capables de vitesses très supérieures à cette limite. Pour une vitesse max de 140 km/h par exemple, une voiture de type Peugeot 308 pourrait se « contenter » d’un moteur de 43 CV (32 kW) ; afin qu’elle soit capable de monter aisément les côtes, sa puissance pourrait être de 50 kW (70 CV). On imagine sans peine les économies de carburant et de coût qu’il serait possible de réaliser … Une voiture de type Peugeot 308 a besoin de 25 KW pour rouler à 130 km/h. Si elle était équipée en tout électrique avec une batterie de 30 kWh son autonomie serait donc limitée à 1,2 h à cette vitesse, soit 156 km. Ceci démontre que la voiture tout électrique n’est pas un véhicule routier. Elle le deviendra le jour où l’on pourra produire l’électricité à bord avec une pile à combustible. Ce problème d’autonomie limitée par la capacité de la batterie a conduit les constructeurs à limiter la puissance des moteurs électriques à la valeur que nous avons calculée plus haut, autour de 50 kW. Cette unanimité autour de 60 kW, imposée par la faible capacité spécifique des batteries, pourrait devenir la norme aussi pour les voitures à moteurs thermiques. Les experts de l’ADEME n’éludent pas la pollution générée pendant sa phase de fabrication : ""La voiture électrique consomme moins d'énergie que la voiture thermique car sa chaîne de traction présente un excellent rendement énergétique. Malgré cela, sur l’ensemble de son cycle de vie, la consommation énergétique d’un véhicule électrique est globalement proche de celle d’un véhicule diesel."" En cause : la fabrication des batteries extrêmement énergivore. Sur l'ensemble de son cycle de vie, le véhicule électrique émet l'équivalent de 9 tonnes de CO2 contre 22 tonnes pour un véhicule thermique, selon l'ADEME. Ces chiffres sont donnés pour la France où l’électricité, qui provient aux trois-quarts du nucléaire, est peu émettrice de CO2. Si la voiture électrique n'émet pas quand elle roule de composés organiques volatils ou d'oxyde d'azote même sans pot d'échappement, elle émet des particules fines issues de l'usure des pneus, des plaquettes de frein, des routes. Cette abrasion est responsable de 41% des émissions du secteur du transport routier. Les méthodes d'extraction du lithium et du cobalt, utilisées pour fabriquer les batteries peuvent poser problème non seulement sur le plan environnemental mais aussi sur le plan éthique en Amérique du Sud, (Extraction polluante du lithium)et en République démocratique du Congo, qui a fourni en 2017 les deux tiers des exportations mondiales de cobalt, les mines sont parfois exploitées dans des conditions déplorables par une main d'œuvre notamment composée d'enfants. La France et le Royaume-Uni ont annoncé leur intention d'interdire les ventes de voitures à moteur à combustion à horizon 2040. La Ville de Paris bannit les vieux diesels. Mais il y a des obstacles : - le premier est la batterie, car la voiture électrique nécessite des métaux qui jouent un rôle clef dans leur fabrication. Le prix du lithium a triplé en trois ans, celui du cobalt a pratiquement doublé en un an. Quel sera le prix de la batterie si toutes les voitures sont équipées de moteurs électriques ? Et surtout leurs ressources en cobalt et lithium ne sont pas infinies. - le deuxième qu'est la production d'électricité. Car la charge des batteries en exige d'énormes quantités. Un ordre de grandeur : pour charger 1 % du parc français la nuit, il faut pratiquement la production d'une tranche nucléaire. - le troisième est le transport de cette électricité. Un dépôt de 200 bus à charger la nuit demande la puissance de 50 immeubles de cinq étages. Carlos Tavares, patron de PSA, déplore que depuis 2 ans, dans le sillage du ""Dieselgate"" les gouvernements aient pris des positions de plus en plus radicales qui changent la nature des réglementations. ""On est en train d’évoluer vers un monde où on nous instruit d’aller dans la direction du véhicule électrique"". Si la feuille de route de PSA qui prévoit que 50% de la gamme sera électrifiée en 2020 et 80% en 2023 montre qu’il n’a pas d’état d’âme en tant que dirigeant, il s’en inquiète ""en tant que citoyen"" : ""Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ? Comment est-ce que nous allons produire plus d’énergie électrique propre ? Comment faire pour que l’empreinte carbone de fabrication d’une batterie du véhicule électrique ne soit pas un désastre écologique ? Comment faire en sorte que le recyclage d’une batterie ne soit pas un désastre écologique ? Comment trouver suffisamment de matière première rare pour faire les cellules et les chimies des batteries dans la durée ? Qui aujourd’hui est en train de se poser la question de manière suffisamment large d’un point de vue sociétale pour tenir compte de l’ensemble de ces paramètres ""Pendant un siècle les Chinois ont couru après le moteur à combustion interne en versant des royalties à l’occident. Là, ils ont trouvé le point de rupture et maintenant ils prennent le lead sur le véhicule électrique qui est le symétrique pour le prochain siècle de ce qu’ils ont vécu au cours du précédent"", a dit Carlos Tavares. Dans le cadre de leur engagement sur la 40ème Route du Rhum 2018, l’entreprise Leyton et son skipper, Arthur Le Vaillant, ont souhaité quantifier les impacts carbone et environnementaux de leur bateau. Ils ont fait appel à E6 pour réaliser cette mission. Un Class40 est un voilier monocoque de 12,2 m. Sa fabrication génère de l’ordre de 25 tonnes eq CO2, dont 90% de l’empreinte carbone est liée à la fabrication des matières premières. On peut réduire l’impact carbone en prolongeant la durée de vie des bateaux. La 40e édition du rallye Dakar (ex Paris Dakar) s’est déroulée avec un départ de Lima, au Pérou. Plus de 500 pilotes d'autos, de motos, de quads, ou de camions ont parcouru près de 9 000 km à travers le Pérou, la Bolivie et l'Argentine où l'arrivée s’est faite le 20 janvier à Cordoba. Le Dakar fait l'objet de nombreuses critiques en matière d'environnement. "" C'est évidemment l'influence que peut avoir ce spectacle médiatique sur le dérèglement climatique mais aussi sur les écosystèmes au travers du passage de ces fous du volant avec des voitures et des camions qui empruntent des milieux fragiles. Il y a l'impact direct : le Dakar va émettre directement près de 40 000 tonnes de CO2. Nous sommes entrés dans l'ère du dérèglement climatique il serait souhaitable que les spectacles mis en avant soient au diapason de la contrainte climatique. L'impact direct, on le constate avec effroi, ce sont des décès d'enfants et de personnes qui traversent les rues de leurs villages et qui subissent les vitesses inouïes de ces véhicules. Quand le Dakar est passé au Chili il y a quelques années près de 180 sites archéologiques ont été détruits ou endommagés par les véhicules passant. Des fresques qui dataient de plusieurs centaines d'années ont été détruites. Dès qu’on pense à un Grand Prix de F1, on pense pollution. Une chose est certaine : elles polluent beaucoup. Un Grand Prix, c’est une vingtaine de ces bolides qui crachent une quantité féroce de CO2, le tout dans un fracas motorisé digne des pires enfers. La FOTA a comptabilisé quelques 9900 tonnes de CO2 recraché par course. En comparaison, un avion qui voudrait recracher une telle quantité de CO2 devrait effectuer au moins 10 fois un aller-retour Paris-New-York. 918 courses ont été disputées depuis 1950, dans le seul cadre d’un Grand Prix (on ne comptabilise donc pas les multiples courses et essais) on dresse vite le constat de l’impact que la pratique de la course en formule 1 peut avoir sur l’environnement. Les courses de formule 1 et le Dakar devraient être purement et simplement supprimées. Le groupe écologiste de Paris a demandé à la maire PS Anne Hidalgo «des comptes sur le coût écologique et financier» du ePrix de Formule E (monoplaces électriques), organisé depuis 2016 dans la capitale : En 2016, on a pu voir des bolides entièrement électriques foncer à 200km/h dans les rues de la capitale. Le circuit avait été asphalté en conséquence, le goudronnage du quartier des Invalides, a été vécu par certains comme un véritable désastre écologique. Il serait préférable que ce type de course sur un circuit déjà asphalté. Dès 2009, Génération Ecologie dénonçait « l’irresponsabilité environnementale des organisateurs du Tour de France ». Ils étaient alors pointés du doigt pour ne pas s’imposer de précautions en matière d’environnement et de pollution. Le Tour est une belle course à vélo au gré de paysages magnifiques, mais sur le terrain, son empreinte carbone et écologique est à la hauteur du 3e événement sportif au monde, après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football. Quelque deux cents coureurs cyclistes, des centaines de voitures suiveuses, des camions techniques (service d’ordre, secours, presse…), des bus qui parcourent des milliers de kilomètres le long de la « Grande Boucle », des hélicoptères, des avions, sans compter les 10-12 millions de spectateurs qui se déplacent, en camping-cars ou en voitures, pour admirer la course le long des routes : l’empreinte écologique du tour est énorme et cette célèbre course illustre bien la difficulté à gérer les effets environnementaux d’événements sportifs majeurs. L’une des attractions préférées du public, c’est la distribution de cadeaux par la caravane publicitaire : des « pognes » pleines de cadeaux, de porte-clés, d’échantillons, de confiseries qui sont jetés au public pendant le Tour. Au total, environ 14 millions de petits objets, les goodies, validés par l’organisation du Tour de France, sont distribués, jetés depuis des véhicules en mouvement. Des mesures devraient être prises pour réduire voire supprimer la caravane publicitaire La Cour des comptes critique la gestion des domaines skiables, de plus en plus vulnérables au réchauffement climatique. Après une première mise en garde il y a sept ans, la Cour des comptes s’est de nouveau alarmée il y a quelques jours de la « vulnérabilité croissante » des stations de ski des Alpes du Nord face au réchauffement climatique. Dans leur rapport annuel, les magistrats dénoncent les réponses inadaptées des gestionnaires des domaines skiables. Entre 2015 et 2017, la Cour a contrôlé la gestion de dix-sept domaines skiables, dont Chamonix, Megève, Courchevel et Tignes. Le rapport constate « l’aggravation de certains déséquilibres » liés à un modèle de développement « ayant atteint ses limites ». Pointant des investissements « privilégiant le court terme », elle dénonce notamment la généralisation de l’enneigement artificiel, présenté comme une solution « partielle et onéreuse ». Confrontées à une pénurie de neige ces dernières années, les stations y ont eu abondamment recours, ce qui pose des problèmes d’approvisionnement en eau. Actuellement, 30 millions de m3 d’eau sont utilisés chaque année pour fabriquer de la neige de culture pour les canons. Le recours de plus en plus systématique à ce palliatif soulève de nombreuses questions. Considérée parfois comme une garantie pour assurer la saison, la neige artificielle – qui nécessite de lourds investissements – ne peut être cependant utilisée comme la solution miracle. Malgré le coût important de l’enneigement artificiel, les stations sont de plus en plus nombreuses à s’équiper pour garantir à leurs visiteurs un enneigement de bonne qualité. Cette augmentation de l’enneigement artificiel a plusieurs conséquences sur l’environnement : • l’utilisation des ressources en eau • une consommation d'énergie très importante (les 10.000 canons à neige français consomment 108 millions de kWh) • une pollution éventuelle par les additifs ajoutés dans l’eau • une érosion supplémentaire due à la quantité de neige produite. Cette neige artificielle est 50 fois plus dure et 4 fois plus dense que la neige naturelle, ce qui favorise l’érosion.
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