Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Rappeler qu’en France les émissions de gaz à effet de serre ne concernent pas que les transports. L’agriculture, l’habitat avec ses passoires thermiques et l’industrie sont respectivement imputables pour ces rejets de l’ordre de 20 % chacun, la production d’énergie 10% et le traitement des déchets 5%. Faire respecter les normes environnementales et taxer les contrevenants. Préciser ce qui est de la responsabilité écologique de l’Etat, des régions mais aussi du citoyen pour que chacun s’investisse à son niveau à commencer par des petits gestes quotidiens bons pour la planète en ringardisant les comportements toxiques. Verbaliser les infractions pour le non-respect visible des basiques citoyens de l’écologie : les dépôts sauvages de déchets dans la nature, le brûlage des végétaux au lieu d’utiliser les déchèteries, les réductions de vitesse sur route pour cause de pollution non respectées… Mettre en place un étiquetage responsable : la quantité d’eau utilisée, l’empreinte carbone, le « made in » et le « made how » (fabriqué comment)… sur tous les produits (alimentaire, habillement, bien d’équipement…) pour une meilleure prise de conscience des consommateurs avant de fixer à terme des limites à tenir. Appliquer en urgence la règle des 3 R : réduire nos déchets, réutiliser les produits au lieu de les jeter, recycler les matières premières. Mettre en place avec les collectivités locales un plan d’urgence pour réduire puis supprimer l’enfouissement des déchets ménagers qui représente encore 10 millions de tonnes chaque année en France. Selon la matière des objets, ceux-ci mettent quelques années ou des centaines d’années avant de se dégrader complètement. Faire prendre conscience du gaspillage alimentaire et de ce gigantesque gâchis qui atteint un tiers de la production alimentaire mondiale annuelle (depuis le producteur jusqu’au consommateur) soit 1,6 milliards de tonnes de nourriture avec un impact accablant sur l’environnement et ses 3,3 milliards de tonnes équivalent CO2 rejetés dans l’atmosphère. A l’échelle de la France, on en est à 10 millions de tonnes de produits gaspillés par an… Etre beaucoup plus regardant sur les rejets polluants dans l’air et dans l’eau depuis les particuliers jusqu’aux industriels. Revenir à l’écotaxe poids lourds qui devait couvrir les coûts d'usage du réseau routier national et d'une partie du réseau local, surtout qu’elle est appliquée chez nos voisins en Belgique, Allemagne et Suisse, ce qui ne fait qu’augmenter le trafic routier en France... Et chaque année, c’est environ 4 milliards d’euros qui manquent pour l’entretien des routes et des infrastructures de transport. Pour tous les véhicules (VP, VUL, PL) soumis au contrôle technique, moduler la vitesse limite au-delà de 70 km/h (et donc les rejets) selon l’âge des véhicules et surtout imposer une taxe au kilomètre parcouru au-delà de 10000 km/an fonction des émissions de CO2 et des rejets d’oxydes d’azote (NOx) et de particules vus par un contrôle anti-pollution annuel pour l’ensemble du parc automobile plutôt que de se contenter du seul malus CO2 à l’achat d’un véhicule neuf !… Harmoniser cette politique au sein de l’Union Européenne pour être totalement cohérent. Mettre en place la vignette du contrôle technique de couleur pour identifier facilement le niveau de pollution des véhicules en circulation. Essayer de faire comprendre aussi à tous ceux qui causent sans savoir au sujet de la pollution automobile que les moteurs à gazole modernes n’émettent pas plus d’oxydes d’azote ou de particules que ceux fonctionnant à l’essence sans plomb et qu’en plus ils rejettent moins de CO2 du fait d’une consommation de carburant plus faible. On oublie aussi de parler des microparticules émises par les pneumatiques, les freins et l’usure des routes… Mettre un moteur électrique, un moteur à hydrogène, une pile à combustible sous le capot des prochaines automobiles voire disposer de carburants de synthèse participera à respirer un air plus pur mais ne résoudra pas tous les problèmes de pollution. Le secteur automobile n’est responsable que d’une infime partie des émissions de CO2 et de particules fines. De plus, penser la voiture décarbonée de demain, sans prendre en compte son écosystème et le rendement énergétique global n’a pas de sens. Prenons le cas de la voiture électrique à accumulateurs rechargeables avec un cycle de vie d’ailleurs aussi polluant qu’un véhicule thermique, une production 2 fois plus dommageable pour l’environnement qu’un véhicule thermique et aussi une émettrice de CO2 en prenant en compte les centrales de production d’énergie électrique pour remplir ses batteries et on ne fait que déplacer le problème si l’électricité provient d’une centrale à charbon… La fabrication des batteries est d’autre part tellement émettrice de CO2 qu’il faut avoir parcouru de 50000 à 100000 km en voiture électrique pour commencer à être moins producteur de CO2 qu’une voiture thermique, soit 15 à 30 km chaque jour pendant 10 ans ! Et la situation n’est pas aussi belle qu’elle en a l’air sur : . la production et le recyclage des batteries pour ne pas être un désastre écologique, . la disponibilité des matières premières rares de la planète nécessaires à leur production, . les émissions électromagnétiques des batteries en situation de recharge. Des sujets encore sans réponses. L’accès aux prises électriques est aussi une difficulté avec l’état actuel des infrastructures comme en Ile-de-France qui ne serait pas en mesure de supporter le branchement d’un nombre accru de véhicules électrifiés aux heures de pointe notamment le soir (une Zoé requiert plus de 5 heures sur une prise 7 kW pour faire le plein). De plus, avec les bornes à grande puissance envisagées, moins avec les bornes dites rapides, les batteries des voitures électriques pas conçues pour être rechargées quotidiennement auraient rapidement une durée de vie limitée. Il faudrait aussi une centrale nucléaire de plus pour faire face à l’augmentation des besoins… L’avenir pour une conduite sans émissions, ce sont certainement les véhicules hybrides à pile à combustible hydrogène pour les véhicules particuliers, les utilitaires, les bus et les poids lourds ou d’autres technologies en devenir à condition d’encourager, de soutenir nos constructeurs automobiles et en leur laissant le temps nécessaire à la recherche et au développement pour traiter la question de la mobilité propre dans sa globalité et ne pas prendre de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels. Il faut s’y mettre dès maintenant avec, en mode transitoire avant d’y arriver, la priorité aux économies d’énergie, ce que tout le monde peut comprendre… et pas de biocarburant qui est la fausse bonne idée, pour l’environnement et en portant aussi atteinte à la sécurité alimentaire mondiale. En complément des limitations de vitesses pour tous nécessaires en ville, traquer aussi les contrevenants à 2 roues motorisés et surtout ceux qui par manipulation illégale de leur engin créent plus de nuisance sonore qu’un camion en mettant en place une limite à 75 dB(A) en ville pour ce type d’engin. A quand la mise en place d’un contrôle technique des 2 roues motorisés pour entre autres interdire les débridages des pots d’échappement qui entraînent aussi une dégradation des émissions polluantes ? Engager une vraie réforme écologique en baissant le prix de l’électricité et en augmentant le prix du gaz et du fuel au lieu de faire l’inverse comme actuellement en enchérissant la tarification horaire et par voie de conséquence les 30% rajoutés à la facture d’abonnements, taxes et contributions… Et pour mémoire, c’est plus de 50 milliards d’euros de taxes sur l’ensemble de nos factures d’énergie que l’Etat prélève chaque année. Avoir une politique énergétique cohérente sachant que pour s’approvisionner en électricité pendant les vagues de froid la France doit souvent compter sur ses voisins (Allemagne, Belgique, Espagne) avec le risque augmenté de pollution aux particules fines jusqu’en région parisienne. Développer une fiscalité écologique sur les énergies fossiles quand il existe une alternative comme pour les 4,3 millions de ménages chauffés au fuel et plus particulièrement le million d’entre eux équipés de chaudières vétustes et polluantes à remplacer par des pompes à chaleur permettant de réduire la facture de chauffage, mais pas sur l’électricité à 82% d’origine nucléaire. Se rendre compte de la pollution engendrée par: . le transport maritime : un super-cargo rejette l’équivalent de 50 millions de véhicules avec un mazout peu raffiné riche en rejets toxiques sachant qu’il faut 10000 tonnes de carburant pour faire un aller-retour entre l’Asie et l’Europe dans le cadre du libre-échange mondialisé qui ne s’embarrasse guère des problèmes écologiques. Les 15 plus gros porte-conteneurs du monde polluent autant que l’ensemble du parc automobile mondial (soit 760 millions d’automobiles…) alors que 100000 navires sillonnent les mers et que dans la flotte de plaisance mondiale certains yachts de luxe brûlent 900 litres de fuel à l’heure… . les milliers d’avions qui sillonnent le ciel pour transporter plus de 1,3 milliards de touristes internationaux chaque année avec une consommation par passager et par km parcouru 3 fois plus nocive pour le climat que l'automobile et le kérosène n’est même pas taxé… Le pire, c’est que le trafic aérien mondial va doubler dans les dix prochaines années sans émouvoir personne, même pas ceux qui se déplacent en trottinette la semaine et prennent l’avion le week-end ! . les 4,7 millions de poids lourds en transit chaque année à travers la France à 600 g/km de CO2 chacun et n’utilisant pas tous l’Adblue pour réduire les rejets de NOx. . les cultures agricoles avec une consommation moyenne d’énergie par an de 100 litres de fuel par hectare et l’élevage mondial qui contribue pour 15% aux émissions de gaz à effet de serre (moins de viande, c’est bon pour la santé et aussi pour la planète). . le poids du tourisme mondial qui génère le dixième des émissions mondiales de CO2 soit plus de 5 milliards de tonnes par an… Soutenir le développement de véritables énergies renouvelables, pas le solaire ni l’éolien qui dépendent fortement de la météo et qui plafonnent respectivement à 2 et 4% de l’électricité consommée en France n’étant pas en mesure aujourd’hui de pouvoir stocker l’électricité et en se rappelant qu’un kg de batterie emmagasine 400 fois moins d’énergie que l’équivalent d’un kg d’essence. Dénoncer l’utopie de l’éolien imposée par quelques écolos dogmatiques et la faiblesse coupable des pouvoirs public face à ce qui n’est pas la solution au réchauffement climatique: rapport espace occupé par les éoliennes par rapport à la capacité de production d’énergie désastreux (il faudrait couvrir un 1/13ème de la France totalement défigurée pour produire l’équivalent du parc nucléaire avec la demande actuelle et avec le très faible nombre de véhicules électriques pour le moment en circulation à recharger !), production irrégulière avec des machines à l’arrêt les ¾ du temps, risques sanitaires pour les riverains des installations… Le seul moteur qui fonctionne bien c’est l’argent pour les propriétaires fonciers qui vendent ou louent leur terrain aux exploitants, les collectivités locales qui perçoivent des taxes, les industriels étrangers qui fournissent les machines et les exploitants qui revendent l’électricité à des tarifs très supérieurs à ceux du marché. Mettre plutôt en place un grand plan national d’hydroliennes pour utiliser l’énergie des courants marins ou fluviaux, la France n’étant pas trop mal desservie dans ce domaine. Rappeler aussi que les 1,6 milliards de climatiseurs installés qui réchauffent la planète pendant qu’ils nous rafraîchissent produisent 4 milliards de tonnes de CO2 par an par l’électricité qu’ils consomment et ce sera trois fois plus en 2050… Sensibiliser voire réfléchir à pénaliser les citoyens pour l’empreinte carbone des achats faits par internet (10g de CO2 la minute de recherche, 25g de CO2 l’envoi d’un mail*…) plus les frais de livraison à 150 g/km de CO2 pour un VUL, sans compter les retours annoncés souvent comme « gratuits ». (*) Au sujet des mails, s’il fait 1 Mo, c’est 275 g de CO2 et 228 milliards de mails ont été envoyés dans le monde de 2016… Créer une loi sur la protection des terres agricoles en interdisant les constructions de bâtiments industriels et commerciaux dans les zones où des locaux vides sont par ailleurs disponibles. D’abord utiliser l’existant avant d’accorder des permis de construire. Obliger à créer des espaces verts avec la plantation d’arbres et d’arbustes pour stocker du CO2 et fabriquer de l’oxygène sur l’équivalent de la surface au sol de chaque nouvelle construction (logements, bâtiments industriels et commerciaux) et mettre en place un vaste plan de réhabilitation verte de l’existant. Même si cela ne suffira pas à régler l’intégralité du problème, la plantation et le reboisement font partie des solutions de lutte contre le changement climatique en préservant aussi les arbres anciens qui stockent plus de CO2 que des arbres nouvellement plantés (50 à 60 kg ald 10 à 50 kg par an). Pour mémoire également, 230 m² de pelouse produisent assez d’oxygène pour couvrir les besoins annuels d’une famille de 4 personnes… En limitant ainsi l’urbanisme, en préservant les espaces verts et en légiférant sur l’utilisation des produits chimiques, on sauvera d’autant plus les pollinisateurs, en particulier les insectes qui jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes. Réduire la pollution lumineuse en baissant de 80% durant la nuit l’intensité de tous les éclairages comme les vitrines, les enseignes, les publicités, l’éclairage urbain sans caractère sécuritaire. Etendre la mesure à tous les pays européens pour commencer. Réglementer et contrôler un peu mieux la surpêche mondiale illicite qui menace les écosystèmes en pillant mers et océans, avec des navires de pêche parcourant 460 millions de km/an…, alors qu’en France les dispositions d’encadrement de la pêche sont abusives. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies vertes, le cobalt et les terres rares (gallium, tungstène, graphite) sont considérés comme des métaux stratégiques. Le problème, c’est que l'extraction et le traitement de ces matières minérales polluent et produisent des déchets toxiques. Ces métaux rares sont devenus indispensables car ils sont utilisés dans des fabrications de haute technologie. On les retrouve ainsi dans les batteries de voitures électriques et hybrides, dans les LED, les puces de smartphone, les écrans d'ordinateurs portables, les panneaux photovoltaïques, les éoliennes... et c'est la Chine pour les terres rares qui en assure l'essentiel de la production mondiale. Le recyclage des déchets électroniques pour en extraire ces matériaux stratégiques s’impose et autant que possible chaque nouvel achat de matériel ne devrait pouvoir se faire qu’en échange de celui à remplacer. Indispensable aussi pour élaborer les batteries, le lithium dont la production est à l’origine de graves conséquences environnementales aiguise toutes les convoitises, surtout la Chine qui achète des mines dans le monde entier pour avoir le monopole du marché… Enfin faire prendre conscience à tous que la surpopulation menace bien plus la planète. Au rythme où vont les choses, c’est 11 milliards de terriens en 2100 dont 40% sur le seul continent africain pour 7,5 milliards actuellement, sachant que chaque année c’est début août que l’humanité a fini de consommer l’ensemble des ressources que notre terre peut renouveler en un an… Et si le mode de vie des Français était généralisé, il faudrait trois planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité dans un monde où une personne sur cinq vit avec moins de un euro par jour, une personne sur sept souffre de sous-alimentation chronique, une personne sur quatre vit dans une ville où la pollution a atteint des niveaux dangereux pour la santé, une personne sur trois n’a pas accès à l’électricité…
Lire une autre au hasard