Intégralité de la contribution intitulée "Pour une France réconciliée, favoriser la justice sociale, l'aménagement des territoires et l'engagement citoyen"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Démocratie et citoyenneté le 18 mars 2019 à Arpaillargues-et-Aureillac .

En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?
Le monde associatif engagé dans des causes que je partage.

En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?
Oui

Si oui, à quel type d'associations ou d'organisations ? Et avec quel rôle ?
Toutes celles qui peuvent servir d'intermédiaires utiles pour porter une préoccupation sociétale (les nombreuses associations qui militent pour des causes comme l'économie sociale et solidaire, l'accès à la culture, l'aide aux plus faibles - en France et à l'étranger) ou environnementale et sensibiliser les élus à ces problématiques, grâce au rôle consultatif qui leur serait reconnu. Ce sont des gisements d'expérience dont d'autres peuvent profiter. Ces organisations pourraient valablement être consultées pour apporter aux élus leur connaissance du terrain et des attentes des citoyens. Il faudrait les aider à ""réseauter"" entre elles (et au-delà des frontières nationales) pour augmenter leur visibilité et leur poids dans le débat citoyen et pour faciliter entre elles l'échange de bonnes pratiques.

Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?
Réenchanter la politique au sens large: que les citoyens (notamment les jeunes) soient plus volontaires pour s'engager dans des causes qui les motivent, ce qui suppose qu'ils soient convaincus que cet engagement servira à quelque chose, d'une part, concrètement à travers leur action, qu'il faut rendre plus facile, d'autre part, comme contribution plus large à la vie en société (que la vie de la cité ne soit pas considérée comme étant la seule responsabilité des élus, certes désignés pour cela, mais que tous peuvent y contribuer). Que les élus soient ainsi des facilitateurs d'engagements du plus grand nombre et non pas vus comme des délégataires ""professionnels"", à qui on ne s'intéresse que périodiquement au moment des élections. Donc faciliter l'expression des sensibilités de la population (à travers associations, clubs, églises, conseils municipaux des jeunes...) sur les divers sujets d'intérêt collectif (notamment au niveau local), en encourageant l'émergence de telles structures associatives et en incitant les politiques à les consulter autant que de besoin. Croire aux corps intermédiaires et les valoriser.

Que faudrait-il faire aujourd'hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?
Inciter les citoyens à s'engager dans l'agora, pas forcément à travers une action ""politique"" au sens strict, mais en participant, comme membres de la communauté, dans des structures qui œuvrent en faveur de ce à quoi ils croient et qu'ils ont envie d'aider en fonction de leurs convictions. Et les assurer que les élus consulteront ces structures chaque fois que celles-ci peuvent éclairer la prise de décision politique. Cela devrait aussi permettre aux citoyens de mieux comprendre les contraintes de la prise de décision politique, en étant mieux informés des diverses dimensions d'un dossier et donc de réduire les tensions politiques et la naïveté de certaines opinions citoyennes.

Que faudrait-il faire aujourd'hui pour renforcer l'engagement citoyen dans la société ?
Sensibiliser les citoyens à la dimension collective de leur vie et au fait qu'ils ne peuvent que gagner à partager leurs idées; ils peuvent devenir des acteurs (même modestement) de la vie de la communauté et pas seulement des ""consommateurs"" de services collectifs. Soutenir les ONG, associations... et autres organisations qui mobilisent structurellement les citoyens autour des questions concernant la vie collective (par exemple les organisations actives en faveur de l'environnement ou de l'aide aux plus défavorisés, ou des organisations locales agissant dans le domaine de l'aménagement du territoire, de la qualité des services publics, de l'animation sociale d'un quartier...); elles sont susceptibles d'être plus attractives du fait d'une reconnaissance par les pouvoirs publics (les aider à être visibles - par exemple dans un Bulletin municipal; les consulter autant qu'il est approprié, compte tenu de leur champ d'activité; si possible, les aider matériellement - mise à disposition d'un local, voire subvention pour défrayer quelques dépenses qu'elles supportent). Encourager des initiatives locales ou départementales/régionales comme les conseils municipaux de jeunes, des cafés citoyens, les apéros entre voisins... tout ce qui peut revaloriser le ""vivre ensemble"" (outre que cela contribue à combattre la solitude). Favoriser l'émergence d'initiatives plus ponctuelles visant à animer la collecte d'opinions des citoyens sur des sujets particuliers (notamment à l'échelon local: par exemple, la réhabilitation d'un quartier pourrait valablement tenir compte de l'opinion des jeunes qui y vivent, concernant les équipements de loisir qu'ils souhaiteraient y voir aménager). Quelles que soient les modalités appliquées, veiller à ce qu'elles ne soient pas de pure façade, mais débouchent sur une véritable écoute des citoyens concernés et une prise en compte motivée (acceptation ou refus) des propositions formulées. On pourrait en attendre des positions moins tranchées, plus ouvertes au compromis de la part de citoyens qui auraient l'impression qu'ils sont respectés et que leur avis compte. Peut-on inciter les collectivités territoriales à mobiliser leurs citoyens ou à encourager d'autres acteurs (associations...) à le faire à leur niveau, en faisant de cette caractéristique un critère de qualité de vie dans une commune ou un département donné (comme il existe un classement des ""communes fleuries"", il pourrait y avoir un jugement porté, tenant compte de quelques indicateurs objectifs, sur la qualité de la vie collective dans une commune ou un département)?

Quels sont les comportements civiques qu'il faut promouvoir dans notre vie quotidienne ou collective ?
En priorité ceux qui témoignent de tolérance vis-à-vis des autres; favoriser l'ouverture aux autres et l'échange au sein de la collectivité.

Que peuvent et doivent faire les pouvoirs publics pour répondre aux incivilités ?
Des campagnes de sensibilisation (rendre plus perceptible la conséquence d'une incivilité qu'on s'est peut-être habitué à subir - par exemple, communiquer sur le coût pour une municipalité de supprimer les tags graffités sur les maisons privées ou édifices publics, autant de ressources qui ne peuvent être affectées à une diminution d'imposition ou à une autre prestation collective plus positive); et rendre compte régulièrement des évolutions.

Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Il faut agir en sorte que les Français n'aient pas le sentiment qu'existeraient plusieurs France: celle où des individus à l'aise socialement peuvent se considérer comme des citoyens bien intégrés dans une démocratie bienveillante; celles où des individus en souffrance se considèrent comme relégués géographiquement et/ou socialement dans des catégories d'où les bénéfices d'une démocratie vivante sont absents (problème ancien des banlieues et de la ""politique de la ville"" de la fin du XXe siècle; problèmes nouveaux des villes moyennes et périurbaines qu'a révélés la crise des gilets jaunes). Les inégalités sociales croissantes, le blocage de l'""ascenseur social"", des choix parfois malavisés (ou mal expliqués) en matière de transport, de couverture médicale, d'accès à la culture (voire à des services publics de base, voire à un simple café dans un village)... qui ont (donné le sentiment d'avoir) privilégié les grandes métropoles ouvertes sur la modernité et la mondialisation au détriment du reste du territoire... renforcent le sentiment d'exclusion d'une large partie de la population et minent le sentiment d'être un citoyen considéré et donc, à terme, la démocratie. Il est affligeant de voir des centres-villes désertés par des commerces au profit de zones commerciales (qui enlaidissent les abords des villes et contribuent à l'artificialisation des sols comme jamais auparavant) et qu'on ne cherche pas à corriger cette approche (qui est la négation du ""vivre ensemble"" parce qu'elle dévitalise les centres-villes et rejette également à la périphérie des habitants endettés pour l'acquisition de pavillons éloignés des centres de vie culturelle et forcés de dépenser beaucoup de temps et d'argent pour rejoindre leur travail - il faut résolument aider les municipalités à revaloriser les centres-villes pour pouvoir inciter les habitants à y revenir, dans des immeubles rénovés et plus écologiques, outre qu'ils pourraient offrir des opportunités de mixité sociale). Il faut reforger UNE France, que ses habitants puissent percevoir comme telle.


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