En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?
Hormis le cercle communal, toute période d'espoir en un parti, en des personnes, a été systématiquement suivie d'une déception rapide et croissante débouchant sur de l'amertume. Ma confiance a disparu et n'est malheureusement pas prête de se reconstruire au profit de quelque personne ou quelque structure que ce soit.
En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?
Non
Si oui, à quel type d'associations ou d'organisations ? Et avec quel rôle ?
Les syndicats ne représentent plus le monde du travail. La désaffection dont ils pâtissent à la même origine que celle touchant la classe politique. Un syndicaliste est actuellement, le plus souvent, un politicien de la relation sociale réagissant à des mots d'ordre purement idéologiques, et non un défenseur constructif du monde salarial.
Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?
Je ne sais pas comment renouer le lien, mais je pense 1) savoir ce qu'il faut éviter pour que celui ci ne se délite pas plus encore : des images catastrophiques de bancs d’Assemblée vides, des pratiques obscures, des spécialistes de l'imprécation qui ont fini de faire rire, des propos presque immédiatement démentis par la réalité, des petites phrases méprisantes, des privilèges acquis à vie, des sinécures réservées, des échecs démontrés mais non sanctionnés, des cacophonies permanentes de propos contradictoires au sein de tous les partis... 2) que le monde politique prendrait une autre dimension si les positions étaient prises et les votes réalisés sur des bases favorables aux intérêts du pays et de ses citoyens et non sur de seules bases concurrentielles, électorales, essentiellement partisanes, voire personnelles. Ah, si les hommes politiques pouvaient enfin arrêter de se délecter des échecs de l'autre et commencer à se réjouir de leur réussite. Ce serait aussi la nôtre
Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est :
Je ne sais pas
Pourquoi ?
Des avantages et des inconvénients. La question ne se serait peut être pas posée si les députés et sénateurs occupaient les bancs des assemblées pendant les débats et ne profitaient pas d'un cumul d'avantages et de retraites qui ne peut que créer un sentiment d'injustice, d'autant que tout semble fait pour les choses restent bien floues
Pensez-vous qu'il serait souhaitable de réduire le nombre d'élus (hors députés et sénateurs) ?
Oui
Si oui, lesquels ?
Par principe, car la multiplication des instances et du nombre permet à l'agitation et aux invectives de remplacer l'action. Mais il faudrait d'abord savoir ce que chacun fait réellement, quel est leur apport pour situer les ""maillons faibles"" et arbitrables
Que pensez-vous de la participation des citoyens aux élections et comment les inciter à y participer davantage ?
La baisse de la participation reflète une perte de confiance globale. Quand on voit l'image que délivre le monde politique, on ne peut que la comprendre. Elle reflète aussi de manière plus grave, le rejet de notre société par un nombre croissant d'électeurs jeunes. La ""vision"" qui donne envie de s'engager et de soutenir une candidature ou une politique ne doit pas se limiter à un discours fleuve de propos philosophiques détachés de la réalité. Participer de nouveau, ce sera vraiment croire à ce qui est proposé grâce à un éventail d'actions concrètes, précises et réalistes sous-tendu par la certitude que les moyens nécessaires seront mis en œuvre.
Faut-il prendre en compte le vote blanc ?
Non
Si oui, de quelle manière ?
Il inciterait les électeurs à ne pas exprimer leurs choix. Qui est d’accord sur TOUT un programme ? La conséquence serait une réduction de la base des votes exprimant des choix, et une porte grande ouverte au renforcement des critiques sur l’étroitesse de la véritable base électorale du parti vainqueur d’élections et accédant au pouvoir.
Que faudrait-il faire aujourd'hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?
La démocratie ne peut pas aujourd'hui être plus participative. En France, la démocratie participative est devenue celle de la rue, des grèves, des manifestations violentes et de la casse. Elle doit rester élective et ce sont les élus qui doivent réformer leur conception de la vie partisane, politique et démocratique.
Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d'initiative partagée (le RIP est organisé à l'initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?
Non
Si oui, comment ?
Evitons de passer notre temps dans des référendums où le gagnant serait le meilleur manipulateur de l'ignorance des électeurs, le meilleur utilisateur de leurs peurs et de leurs totems. RIC ou RIP seraient catastrophiques. De toute manière, dans la société française d'aujourd'hui la faction défendant la proposition qui n'obtiendrait pas la majorité n'accepterait pas sa défaite. Donc, un peu plus de chaos et un peu moins de démocratie.
Que faudrait-il faire pour consulter plus directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public, par l'Etat et les collectivités ?
Déjà les informer, de façon telle que cela mette cette perception à portée d'une majorité de citoyens aujourd'hui très loin de ces réalités. Au même titre qu'il y a un rapport financier dans une association et dans une entreprise, il devrait y avoir un rapport annuel accessible par le plus grand nombre. Le budget, son vote, relèvent d'un niveau de complexité quasi incompréhensible
Que proposez-vous pour renforcer les principes de la laïcité dans le rapport entre l'Etat et les religions de notre pays ?
Je trouve que le principe de laïcité tel que nous le concevons crée plus de problèmes, d'incompréhensions et d'oppositions qu'il n'en résout. Il est issu d'un passé anticlérical au moment où l'église était un contre-pouvoir. Aujourd'hui, nous sommes incapables de le faire respecter car nous n'avons pas le courage de l'imposer er de gérer ses contradictions. Les pays développés qui nous entourent vivent très bien autrement. Nous sommes un pays de culture chrétienne. Nous devrions l'assumer totalement et laisser parallèlement la liberté de culte à l'ensemble des religions. Et si quelqu'un porte le turban, le voile islamique, une croix, une étoile, ou la robe de prêtre, c'est son droit.
Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?
Quelles valeurs? Qui peut les citer? S'agit-il de grands mots devenus vides ou d'attitudes partagées ? Où en est réellement aujourd'hui la liberté de circuler, d'exprimer sans risque son opinion, de travailler pour gagner sa vie, de profiter paisiblement des biens que l'on a légitimement acquis? Combien comprennent le contenu réel de la notion d'égalité démocratique alors qu'ils n'y voient que l'objectif d'unifier par le bas l'éducation ou les revenus? Que dire de la fraternité dans cette société en train d'exploser?
Que faudrait-il faire aujourd'hui pour renforcer l'engagement citoyen dans la société ?
Faire comprendre et ancrer dans l'esprit du plus grand nombre que, dans tous les domaines, sa liberté s'arrête là où elle empiète sur celle de l'autre
Que faudrait-il faire pour favoriser le développement de ces comportements civiques et par quels engagements concrets chacun peut-il y participer ?
C'est en voyant d'autres ne rien respecter, et en tirer profit sans conséquence négative véritable, que l'on se trouve progressivement l'excuse de faire de même. Ainsi se répandent et se développent des comportements incivils même au sein de groupes à l'origine respectueux des règles et des autres. Montrer clairement que l'incivilité n'est enfin pas impunie. C'est le premier pas vers un retour en arrière bénéfique.
Quelles sont les incivilités les plus pénibles dans la vie quotidienne et que faudrait-il faire pour lutter contre ces incivilités ?
Tags et graffitis, dégradation des espaces publics et privés, jets de mégots et de déchets, déjections, décharges sauvages, injures et comportements agressifs Et le problème de la sécurité routière : non respect des limitations, du code de la route, agressivité, absence de permis et d'assurance ...
Que peuvent et doivent faire les pouvoirs publics pour répondre aux incivilités ?
Déjà avoir la volonté d'y répondre afin de s'en donner les moyens, ce qui est loin d'être acquis. Accepter plus facilement les mains courantes et les dépôts de plainte. Sanctionner réellement les fautifs (amendes, travaux d'intérêt général) Multiplier considérablement les caméras de surveillance, à la fois dissuasives et facilitatrices pour identifier les contrevenants Pour le sujet essentiel de la sécurité routière : d'abord s'interroger sur la justesse de certaines décisions en matière de limitation de vitesses (80km/h, trop nombreux changements sur de très courtes distances, extension dramatique du 30km/ que personne ne respecte par exemple) afin que la répétition de décisions vues comme injustifiées ne détériore pas la volonté du conducteur moyen de respecter les règles Une fois revenu à une meilleure logique dans les contraintes imposées aux automobilistes, multiplier les vrais contrôles, (radars embarqués, second radar fixe après le premier...) et sanctionner les comportements réellement dangereux repérés avec les caméras de surveillance (franchissements de ligne, non respect de stop ou de feux rouges par exemple) Changer la logique de communication sur les radars et autres moyens de surveillance : le vrai gain, c'est la vie et la santé des personnes, pas l'amende. Celle ci n'est que le moyen alors qu'elle est quotidiennement entendue comme l'objectif (tel radar rapporte tant, les dégradations ont fait perdre tant…) En sus des drames évités, qu'est ce que la société ""économise"" en évitant un mort, un handicapé à vie, un blessé, une voiture à rembourser… N'est ce pas beaucoup plus important en montant que le ""rapport"" des radars? Enfin, des sanctions plus lourdes pour les infractions les plus graves ou les infractions répétitives : confiscation définitive et vente du véhicule ou de la moto
Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ?
Oui
Si oui, lesquelles ?
Hors allocation chômage et logement, travaux d'intérêt collectif dont le nombre d'heures serait proportionnel (sur la base du smic horaire) au niveau de l'allocation fournie. Bénéfice pour la société, justice, réinsertion pour le bénéficiaire
Que pensez-vous de la situation de l'immigration en France aujourd'hui et de la politique migratoire ? Quelles sont, selon vous, les critères à mettre en place pour définir la politique migratoire ?
La situation est catastrophique car aucun fil directeur n'est réellement perceptible. Dans ce domaine, contrairement à d'autres, le ""en même temps"" ne peut créer qu'incompréhension et rejet. Les discours d'accueil destinés à satisfaire certains et aussi de fermeté pour en satisfaire d'autres ne font que masquer un laisser faire bien ancré. Une très grande partie de la population voit avec inquiétude se modifier l'environnement culturel, social auquel elle tient, du fait de l'irruption d'autres cultures sociétés considérées comme trop différentes pour être assimilées. Ces constantes ne m'apparaissent pas modifiables et doivent être prises en compte pour envisager toute solution Pour toute réflexion, il faudrait savoir ce que coûte REELLEMENT la politique migratoire actuelle. Quel est le montant des aides et allocations versées, quelle est la part de la solidarité nationale orientée vers l'ensemble des populations immigrées de nationalité étrangère ou pas? Le citoyen ne sait plus discriminer en cette matière fantasmes et vérités. Et si on lui disait ce qu'il en est réellement? Ce serait probablement un premier pas vers la solution.
En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?
Est ce que quelqu'un sait ce que sont nos obligations d'asile? Combien? Qu'offrons nous à ces personnes, Que coûtent ces ""obligations"", quelles contreparties serions nous en droit d'attendre? En somme pourquoi sortir le sujet de l'asile de la problématique globale de l'immigration? Les motivations sont différentes mais les conséquences sont les mêmes Une nation peut (doit) accepter un flux migratoire dont elle a besoin. Avons nous besoin de faire entrer dans notre pays des personnes destinées à s'inscrire dans son avenir? Non de manière globale car nous n'avons malheureusement pas de travail à fournir, oui de manière sélective car nous avons fait preuve d'imprévision (santé…) ou parce que nous constatons l'impossibilité de pourvoir certains métiers (souvent difficiles) par nos nationaux. Avec nos millions de sans emploi, toute entrée doit correspondre à un besoin : poste disponible, filière en tension avec formation éventuelle à la clé. Mais pouvons nous faire confiance à un parlement dont les décisions vont être basées dans ce domaine sur les seuls crédos idéologiques (rejet global/entrée libre…) distincts du véritable intérêt national? Je crains vraiment que non
Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?
Réduire drastiquement le flux migratoire, en le limitant aux cas évoqués ci dessus, rendre moins attractive la destination France par la réduction de aides Reconduire systématiquement à la frontière les personnes en situation irrégulière ou les étrangers auteurs de délits, suspendre les aides accordées dans ces circonstances
Quelles sont, selon vous, les modalités d'intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd'hui dans la société ?
1) Le travail. Mais comme il n'y a pas de travail, il n'y a pas d'intégration et même un rejet brutal de la société d'accueil qui a pensé être solidaire en ouvrant ses portes 2) La culture partagée et la volonté de créer une nation fraternelle et diverse. Mais les années qui viennent de s'écouler montrent que cette volonté n'est pas suffisamment partagée par un trop grand nombre d'immigrés. C'est ce qui nous distingue des grandes nations d'accueil. Il n'y a donc pas de leviers permettant de mettre en place la politique généreuse d'immigration à laquelle il est facile de souscrire intellectuellement. Poursuivre dans la voie dans laquelle nous nous sommes engagés ne va conduire, tristement, qu'à accélérer l'éclatement de notre société et à dégrader encore l'objectif du vivre ensemble
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