Intégralité de la contribution intitulée "évolution de la législation sur la fin de vie"
Voici l'ensemble des réponses fournies par un contributeur du site officiel aux questions du thème Démocratie et citoyenneté le 15 février 2019 à Houilles .

Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Les années 70 ont vu se mettre en place toutes les dispositions permettant aux femmes de décider de donner ou non la vie. Même si par convictions morales ou religieuses ou à cause du poids des traditions un certain nombre de femmes n’utilisent pas les produits contraceptifs et refusent de recourir à l’avortement, la majorité des femmes en France entendent avoir une maîtrise totale du moment où elles veulent devenir mères. Cette évolution des mœurs est maintenant intégrée dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas du tout la même situation à l’autre extrémité. Avoir une action sur la fin de vie est aujourd’hui un sujet largement tabou en France. On sait que c’est un évènement inéluctable mais y mettre fin volontairement est pour le moment associé plus ou moins à un crime ou un suicide. Or la perte d’autonomie et la déchéance sont des traumatismes auxquels on devrait pouvoir s’opposer. L’expérience vécue avec des proches m’a montré, par exemple, que les dernières années avec la maladie d’Alzheimer étaient une épreuve insupportable et inutile pour le malade et pour les proches. J’ai atteint un âge où des actions de prévention, loin d’être optionnelles, sont indispensables pour se maintenir en bonne santé. C’est une chance mais aussi une hygiène de vie en mettant à profit les actions des services de santé et en bénéficiant des progrès incessants de la médecine. Il n’empêche que des accidents peuvent brutalement nous plonger dans un état de dépendance irrémédiable que nous devrions être en mesure d’écourter soit consciemment soit en application de volontés écrites et confiées à une personne de confiance. Il faut que la législation (loi Léonetti-Claeys de 2016) évolue pour qu’il soit enfin possible de mettre fin à ses jours dans de bonnes conditions sans se rendre en Suisse ou en Belgique et que ce choix de fin de vie rentre dans les mœurs aussi naturellement que le choix de début de vie pour les parents aujourd’hui.


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