En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?
Le député, car il propose et vote les lois et car il contrôle l'action du gouvernement. Il faudrait clarifier et renforcer ce second rôle, en organisant notamment un compte-rendu auprès des électeurs.
En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?
Non
Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?
Une fois élus, le député ou le maire doivent établir des relations avec leurs administrés. Soit réunion publique (mais à ce jour, la participation est faible...) soit moyens électroniques. C'est important notamment dans la phase de préparation de projets (de loi ou d'aménagement). Même si on a été élu sur une programme et qu'il est normal de l'appliquer, revenir vers les avis citoyens permettrait de mieux expliquer, argumenter et prendre en compte les avis. Nous pourrions mieux comprendre ce qui se passe. Certes, c'est chronophage et cela ne doit pas bloquer les processus.
Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est :
Une bonne chose
Pourquoi ?
Chaque fonction requière de s'y consacrer pleinement. Le législateur ne doit pas être tenu par les intérêts clientélistes de l'élu local. En revanche, une coordination importante doit exister entre les porteurs des différents mandats, et faire l'objet d'un information auprès des citoyens.
Que faudrait-il faire pour mieux représenter les différentes sensibilités politiques ?
Probablement instaurer une dose de proportionnelle aux élections, mais à un niveau mesuré. Si on instaure la proportionnelle complète, nos élus et les citoyens doivent apprendre à établir des coalitions - intelligentes comme en Allemagne, mais peut-être moins comme en Autriche ou en Italie.
Pensez-vous qu'il serait souhaitable de réduire le nombre d'élus (hors députés et sénateurs) ?
Oui
Si oui, lesquels ?
En fait, on connait peu toutes les catégories d'élus! Pas de changement au niveau des conseils municipaux, mais quid des conseils territoriaux, cantons, intercommunalités, régions etc....On ne sait pas qui fait quoi et on se demande parfois s'ils le savent eux-même.
Que pensez-vous de la participation des citoyens aux élections et comment les inciter à y participer davantage ?
Bien sur, il y a trop d'abstentions. Quel que soit le candidat ou la liste que l'on choisit, ça ne répond jamais à toutes nos attentes (pas toujours très claires d'ailleurs). Le vote est un droit et un devoir : il faut l'apprendre à l'école. En tant que femme, j'y suis particulièrement sensible (électrice depuis moins d'un siècle...). Dans l'absolu, je suis favorable au vote obligatoire avec prise en compte des votes blancs.
Faut-il prendre en compte le vote blanc ?
Oui
Si oui, de quelle manière ?
Alors là, il faudrait demander à un spécialiste en droit public. Le risque serait un blocage des élections, si le vote blanc était majoritaire! En même temps (oui, je l'ai écrit!) cela amènerait les politiques à se remettre en cause, ou à pratiquer encore plus la démagogie et les fausses promesses (Aïe!!!!)
Que faudrait-il faire aujourd'hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?
Dans un 1er temps, utiliser les sites officiels et gouvernementaux : mal connus et peu fréquentés (alors qu'ils devraient être notre 1ère source d'information), y prévoir des sondages etc...bref, dupliquer le site du grand débat plutôt bien fait, mais à une échelle plus modeste. Le site ""vie publique"" est également méconnu et pourtant fort utile. Cela doit accompagner les projets, en étant ni chronophage, ni dispendieux. Actuellement, l'information sur les projets passe par la presse, avec un biais regrettable. La presse parle des projets quand ils sont présentés en conseil des ministres, voire à l'étude dans un ministère. Dans certains cas, il s'agit même de ballons d'essai lancés au public : disons un truc et voyons comment l'opinion réagit (procédé éculé mais qui marche toujours). Ainsi, tout le monde fantasme, les interviewers cherchent le scoop à longueur de matinale (ignorant l'emploi du conditionnel sans doute mal enseigné). Mais quand le projet se concrétise dans un texte de loi et des décrets d'application (parfois tardifs, voire jamais parus), 0 information. Cela est dommageable, au regard de 2 adages : ""nul n'est censé ignorer la Loi."" ""dura lex sed lex"". Donc, organiser une information et une consultation officielle tout au long de la vie d'une projet, depuis son engagement à sa conclusion, avec un agenda et un échéancier. Si on abandonne, si on évolue, si le délai change, on dit pourquoi. La presse continuera à intervenir, et c'est normal, mais il faut sortir de la dictature de l'opinion.
Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d'initiative partagée (le RIP est organisé à l'initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?
Oui
Si oui, comment ?
- Initiative de la proposition issue du corps électoral ou des parlementaires. - rédaction de la proposition de loi revenant aux parlementaires (tout le monde n'est pas expert en droit public et la rédaction d'une loi est plus complexe qu'on ne le pense) - abaisser le seuil à 5 % du corps électoral
Que faudrait-il faire pour consulter plus directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public, par l'Etat et les collectivités ?
Faire une publication des comptes, pédagogique et claire (éviter de se référer aux rapports d'activité d'entreprise!) de façon régulière : avant au moment du budget, après avec le budget voté, en cloture d'exercice avec les réalisations. Et expliquer (pas justifier ou manipuler...)
Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?
Si le dialogue avec le député est déjà peu établi, celui avec le sénateur est quasi-inexistant. Donc, on distingue mal le rôle du sénat - sauf à alourdir la navette législative. Le mode d'élection du Sénat est obscur et apparaît en doublon avec le Conseil régional. Quant au Conseil économique, social et environnemental, son rôle est parfaitement opaque et ne rend pas justice aux corps intermédiaires qui y désignent des représentants. Cette institution doit prouver son utilité et son fonctionnement doit être complètement revu (et d'abord connu)
Faut-il transformer [nos assemblées, dont le Sénat et le CESE] ?
Oui
Si oui, comment ?
Clarifier et simplifier les modes d'élection ou de désignation, en lien avec l'allègement des strates représentatives. Organiser une meilleure information sur leurs rôles et actions. Préciser leurs rôles et missions : quels liens avec l'Assemblée nationale, avec le Gouvernement, avec la Société civile ?
Que proposez-vous pour renforcer les principes de la laïcité dans le rapport entre l'Etat et les religions de notre pays ?
En tant qu'athée, j'ai du mal avec l'omniprésence de certaines religions dans les débats notamment éthiques ou de société. Je veux dire, on entend l'avis des catholiques, des juifs et des musulmans... mais rarement celui des protestants ou des boudistes ! Il faut vraiment veiller à un strict équilibre de toutes les opinions sans en mettre en avant ou stigmatiser aucune. Il faut savoir dire : ""je respecte votre croyance (ou votre incroyance), mais cela ne s'applique pas dans le domaine public, car cela ne saurait s'imposer à ceux qui ont une autre croyance ou qui ne croient pas à votre truc."" A l'école, le fait religieux s'intègre normalement en cours d'histoire (ah, les guerres de religion !) ou de philosophie, mais pas en sciences. Au-delà, chaque religion peut organiser à part, des cours de catéchisme ou autre. Il doit être clair pour les enfants (et leurs parents) qu'on ne mélange pas les 2. Par exemple, la crèche de Noël trouve sa place dans une église, et pas dans une mairie, et il y a dans tous les villages de France une église - ouverte à tous. Le sapin peut trôner sur la place du village, car il s'agit d'une tradition au-delà du paganisme, répondant à simple besoin de lumière au milieu de la nuit de l'hiver.
Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?
Par la loi et le rappel à la loi, voire à la constitution. Car c'est cela qui fonde notre République. L'éducation joue un grand rôle, et des débats au sein des écoles - avec les enfants et les parents - seraient utiles. Mais il faut que les parents participent! Rendre l'instruction civique plus attractive et mieux illustrée. (J'ai souvenir d'une leçon à faire apprendre à mon fils de 9 ans sur le suffrage censitaire et le suffrage universel : on aurait dit un sketch de Muriel Robin).
Que faudrait-il faire aujourd'hui pour renforcer l'engagement citoyen dans la société ?
Je ne sais pas trop en quoi consiste l'engagement citoyen. En ce qui me concerne, il s'agit surtout de respecter les règles et les lois de la république qui commandent à notre vivre ensemble.
Quels sont les comportements civiques qu'il faut promouvoir dans notre vie quotidienne ou collective ?
Il faut promouvoir la connaissance, la compréhension et le respect des règles (lois et autres).
Que faudrait-il faire pour favoriser le développement de ces comportements civiques et par quels engagements concrets chacun peut-il y participer ?
Je vois mal l'instauration de bons points...
Que faudrait-il faire pour valoriser l'engagement citoyen dans les parcours de vie, dans les relations avec l'administration et les pouvoirs publics ?
L'établissement d'un dialogue est essentiel. Le citoyen doit connaitre ses droits et devoirs, mais l'administration doit lui répondre de manière humaine et rapide. Il faut également un effort sur les décisions de justice, souvent mal comprises, tardives et opaques.
Quelles sont les incivilités les plus pénibles dans la vie quotidienne et que faudrait-il faire pour lutter contre ces incivilités ?
- Le non-respect du code de la route : ça marche au ""pas vu, pas pris"". Du coup, les conducteurs vivent les sanctions (pécuniaires le plus souvent) comme un racket. - les depots d'ordure et de gravats sauvages
Que peuvent et doivent faire les pouvoirs publics pour répondre aux incivilités ?
Quand il y a des règles, il faut les rappeler inlassablement et sans exception (comme pour les enfants!). Au-delà ou avant l'application de sanction, l'obligation de suivre des cessions pédagogiques serait utile. Après tout, la loi et la reglementation ne sont simples pour personne. L'exemplarité est également importante, et doit commencer par les élus et les pouvoirs publics (une petite formation peut-être?)
Quel pourrait être le rôle de chacun pour faire reculer les incivilités dans la société ?
L'exemplarité : si chacun s'attache à avoir un comportement citoyen, ça pourrait améliorer les choses. Par exemple, il est plus compliqué de salir une rue propre...mais dés qu'un seul a jeté un papier sale, d'autres le font aussi.
Quelles sont les discriminations les plus répandues dont vous êtes témoin ou victime ?
Comme toutes les femmes, j'ai été victime de discrimination (même si dans mon cas, ça a été subtil et je me suis bien défendue) - discrimination ""raciale"" : encore très présente dans le milieu professionnel.
Que faudrait-il faire pour lutter contre ces discriminations et construire une société plus solidaire et plus tolérante ?
Organiser la mixité sociale Lutter contre la spéculation immobilière
Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ?
Oui
Si oui, lesquelles ?
RSA : il doit contribuer à revenir ou rester dans le marché du travail. Sans forcément prendre de nouvelles dispositions, au moins appliquer vraiment et strictement celles qui sont récemment entrées en vigueur. En tout état de cause, l'administration ne pourra demander légitimement des contreparties aux bénéficiaires qu'en s'acquittant de ses engagement de façon humaine.
Que pensez-vous de la situation de l'immigration en France aujourd'hui et de la politique migratoire ? Quelles sont, selon vous, les critères à mettre en place pour définir la politique migratoire ?
La politique migratoire n'est pas claire, et du coup, la situation de l'immigration est insatisfaisante : manque d'humanité, trop d'instrumentalisation partisane. Les critères à mettre en place doivent respecter le droit international : le droit d'asile honore la patrie des droits de l'homme. Les décisions de refus ou d'acceptation doivent être rendues rapidement. Il faut avoir des accords de retour avec les pays d'origine, et dénoncer les pays qui refusent le retour de leurs ressortissants.
En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?
Oui, cela serait plus clair pour les personnes qui souhaitent venir en France et leurs pays d'origine. Bien sur, cela ne tarira pas totalement les arrivées poussées par la misère auxquelles il faut savoir répondre rapidement, en lien avec les pays d'origine.
Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?
La politique d'immigration va de paire avec la politique d'aide au développement. Or, cette dernière est trop souvent gangrénée par la corruption qui règne dans certains pays, corruption à laquelle nos grands groupes ne sont quelquefois pas étrangers. Pour qu'il y ait des corrompus, il faut des corrupteurs. Notre politique étrangère doit être affirmée dans ce domaine, si possible dans le cadre d'une démarche européenne. En effet, la géopolitique est impitoyable et d'autres grands ensembles économiques n'ont pas les mêmes scrupules...
Quelles sont, selon vous, les modalités d'intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd'hui dans la société ?
La mixité sociale, qui suppose de lutter contre la spéculation immobilière.
Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
_ simplification et efficacité des circuits administratifs : ils rendent les mesures prises contre-productives (par exemple pour les personnes démunies). L'opacité favorise le détournement et la fraude. - publication et explication des jugements : la justice est trop lente, mal connue et mal comprise. - assurer vraiment les suivis : s'il est bénéfique qu'un malade mental ne soit pas hospitalisé systématiquement, le suivi doit être effectivement mené auprès de ces personnes par définition fragiles. (notamment s'assurer qu'ils prennent leur traitement)
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