En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?
Je fais confiance aux élus de la nation en général
En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?
Oui
Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est :
Une bonne chose
Pensez-vous qu'il serait souhaitable de réduire le nombre d'élus (hors députés et sénateurs) ?
Non
Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d'initiative partagée (le RIP est organisé à l'initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?
Non
Que faudrait-il faire aujourd'hui pour renforcer l'engagement citoyen dans la société ?
Rendre le droit de vote obligatoire
Quelles sont les incivilités les plus pénibles dans la vie quotidienne et que faudrait-il faire pour lutter contre ces incivilités ?
Les incivilités envers les femmes ; le bruit causé par la sonorisation des véhicules à moteur ; le stationnment des automobiles sur les pistes cyclables.
Quelles sont les discriminations les plus répandues dont vous êtes témoin ou victime ?
L'antisémitisme, le racisme, l'antimaçonnisme sur les réseaux sociaux
Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ?
Non
Que pensez-vous de la situation de l'immigration en France aujourd'hui et de la politique migratoire ? Quelles sont, selon vous, les critères à mettre en place pour définir la politique migratoire ?
Maintenir une politique d'accueil en particulier pour les demandeurs d'asile et les réfugiés politique
En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?
Non
Quelles sont, selon vous, les modalités d'intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd'hui dans la société ?
Accordez plus de droits civiques en particulier le droit de vote aux élections locales
Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La crise n'est pas occasionnée par une désaffection des Français à l'égard de la démocratie mais par un mésusage de la démocratie représentative. Il ne s'agit pas de remettre en cause de manière radicale nos institutions mais de leur redonner une légitimité, de les réformer pour faire davantage participer le citoyen à la prise de décision. Voici quelques pistes :
Renforcer la qualité du lien représentatif avec un rééquilibrage des différents pouvoirs au profit du législatif, en accordant plus de poids au parlement dans la visibilité de la vie politique. Le parlement est le garant et le creuset du débat public. La réduction du nombre de parlementaires n'est pas une bonne piste car les citoyens veulent au contraire tisser des liens plus étroits avec leurs représentants, ce qui ne peut se faire que localement. Rappeler que le principe de souveraineté articule souveraineté populaire à travers l'élection et souveraineté nationale à travers le mandat électif, qui ne peut en aucun cas être un mandat impératif, révocatoire (on ne peut modifier sur ce point la Constitution sauf à supprimer les principes mêmes de la démocratie libérale pour basculer dans une démocratie radicale et tyrannique).
Il faut combattre sans état d'âme l'antiparlementarisme et les démagogues qui veulent faire passer les élus pour des nantis. Ils entraînent avec eux la foule de ceux qui, nouveaux venus dans les débats, se trompent de cible dans leur protestation contre les inégalités. C'est l'une des dignités de la République d'indemniser correctement ses représentants, ses hauts fonctionnaires et ses magistrats, afin que tous ceux qui ont les compétences requises, et pas seulement les plus fortunés, puissent choisir de servir la cause commune.
De la même manière un recours plus fréquent au référendum populaire, en dehors des cas prévus par la Constitution, risque d'avoir plus d'inconvénients que d'avantages (voir le cas de la Suisse), dans un contexte où les passions populistes attisent les divisions, en livrant des boucs émissaires à la vindicte populaire (le « peuple » réclamant la tête des « élites »).
L'idée serait plutôt de recourir plus fréquemment au Congrès afin de faire ratifier des textes majeurs.
Redonner un rôle plus important aux corps intermédiaires, en les associant davantage aux réformes économiques, sociales et culturelles. Les associations et les syndicats sont une école de démocratie qui ne saurait être négligée. La faible représentativité des syndicats n'est pas un signe de caducité mais plutôt un symptôme alarmant de l'anomie, de l'ignorance des grands intérêts collectifs, et du repli sur soi qui touchent nombre d'individus. La cause en est le lent déclin de l'éducation populaire qui irriguait et formait naguère la classe ouvrière. Il faut imaginer des moyens de combler ce vide.
Introduire une dose de démocratie participative et de démocratie directe ? De nombreux penseurs, comme l'historien Pierre Rosanvallon, ont fait des propositions pertinentes en ce sens, que nul n'ignore plus maintenant. Je ferai deux observations : la première c'est que la seule véritable démocratie continue, assurant la permanence réelle du débat public, est la démocratie représentative ; la seconde est que la principale contradiction des gens qui investissent la rue est de ne pas supporter la contradiction. Comme le dit le Canard enchaîné du 16 janvier, leur attitude revient à « réclamer plus de démocratie participative tout en refusant de participer ». Ainsi, force est de constater que la démocratie participative, élément de rénovation sans aucun doute nécessaire de nos institutions a besoin d'être expliquée et accompagnée.
Pauvreté économique, misère culturelle et atonie civique, on le voit, vont ensemble. L'une des solutions urgentes serait de renforcer l'éducation politique (= à la vie de la cité) et l'éducation civique à l'école. Cela pourrait se faire par exemple en introduisant une épreuve de science politique, sanctionnée par une note, dans tous les examens et concours. Malgré l'enseignement qui leur est donné tout au long de la scolarité avec dévouement et compétence, trop d'étudiants, trop de jeunes jeunes travailleurs, trop d'adultes en mal d'instruction, méconnaissent le fonctionnement de nos institutions et plus encore la genèse de nos principes et des valeurs démocratiques quand ils sont en âge de voter. On ne peut que s'en alarmer.
Mais il faut aussi poser les choses en termes de responsabilité des individus.
L'Etat ne peut pas tout porter à lui seul, apporter lui seul toutes les réponses, sans par ailleurs un effort des individus. En effet, il convient d'admettre que c'est également le manque de sensibilité à la citoyenneté, le manque de culture politique, la polarisation du consumérisme et de l'individualisme qui expliquent la forme prise par la crise actuelle. On entend dire que les revendications matérielles et financières masquent une perte de sens. Elles dénotent en fait un oubli du sens des responsabilités individuelles : aujourd'hui on accuse trop facilement les autres, ou les institutions, ou le gouvernement, avant de s'interroger sur la bonne manière de conduire son existence. Aristote disait qu'on ne devient citoyen qu'en apprenant successivement à diriger et à obéir. Nombre de prétendants à la citoyenneté feraient bien de s'en inspirer.
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